‹ Œuvres dramatiques (volume 2)Chapitre 243 sur 363 · I.A REIWF · texte numérisé non relu

I.A REIWF

Je triomphe; mon cœur ne me reproche rien.

nissox.

Quoi ! pas même les maux qu'endure la patrie? L'insupportable joug dont la France est flétrie Le sceptre de nos rois aux mains d'un étranger; Le Dauphin qu'on accuse et qu'on ose juger? Un fils banni du trône et du cœur de son père? O ciel ! Vous n'avez pas de reproche ii vous faire ! Vous, madame! une mère ! une reine!... ah î voyez Quel est votre ennemi ! quels sont vos alliés î

lA RKINE.

Quel est mon allié? c'est l'époux de ma fille; Le vengeur, le soutien, l'honneur de ma famille. Quel est mon ennemi? c'est un fils odieux. Un lâche meurtrier, un sujet factieux;

C'est un fils qui, sur moi versant la calomnie,

Prépara mon exil et mon ignominie.

Ah! vous ne savez pas, Glisson, tous ses forfaits,

La haine qu'il me porte, et les maux qu'il m'a faits!

Enfin il l'a voulu ; sa perte est son ouvrage :

Je soutiens qui me sert, et combats qui m'outrage.

CLISSON

Eh ! quand il serait vrai que du pouvoir jaloux Ce prince eût en effet quelques torts envers vous, Ces torts le privent-ils du rang de ses ancêtres? Est-ce à votre caprice à nous donner des maîtres? De quel droit de l'empire osez-vous disposer? Qui voulez-vous exclure, et qui nous imposer? Que vous a fait le peuple, enfin , quel est son crime? De tous vos différends doit-il être victime? Vous appelez l'Anglais à lui dicter des lois!

LA IIIINE.

Je me venge ; il suffit : c'est tout ce que je vois.

CLISSOIN

Qu'entends^je? quel délire aujourd'hui vous entraîne! Quand vous sacrifiez la France à votre haine, Vous vous applaudissez de vos succès affreux ! Autrefois vous l'aimiez ce peuple généreux ; Vous vouliez à jamais mériter sa tendresse ! Rappelez- vous ces jours de bonheur et d'ivresse. Ces jours où notre roi , de vos charmes épris , Guida sa jeune épouse aux remparts de Paris. Les peuples se pressaient au-devant d'Isabelle; Ils la jugeaient sensible, en la voyant si belle. L'espérance et l'amour vous offraient à leurs yeux

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