LA REINE, CLISSON
CLISSON
Interdits et muets, nous nous craignons l'un l'autre, Reine ; et mon embarras est presque égal au vôtre. Cet entretien vous ^êne , et vous devez juger Que je tremble moi-même à vous interroger. Trop certain de nos maux, j'hésite, je balance; Lorsque l'honneur m'oblige à rompre le silence, La honte, le respect vient étouffer ma voix; Et je cherche à douter de tout ce que je vois.
LA REINE
Que parlez-vous ici de trouble et de contrainte? Votre aspect me pourrait inspirer quelque crainte?
ACTK 11, SCÊNR VI 455
A moi?... Mais je comprends où tendent ces discours^ Clisson, et je me vais expliquer sans détour». Vous venez, je le vois, accuser ma conduite. Condamner les traités où le sort m'a réduite, Me reprocher mes vœux et mes ressentiments, Et d*un peuple opprimé m'imputer les tourments: C'est votre but ; ainsi vous pensez me confondre. Épargnez- vous ce soin; un mol va vous répondre. Pour sauver mon honneur, mes droits, ma liberté. Il n'était qu'une voie, et j'en ai profité. J'ai puni les afTronts tViin traître qui m'abhorre; El tout ce que j'ai fait , je le ferais encore.
CMSSON.
Ah! madame, songez par quel affreux moyen....