I.E DAl'PflIN
Laissons d'inutiles discours.
Je ne réclame ici ni pitié, ni secours: Je sais depuis longtemps supporter l'infortune. Mais le doute où je suis me pèse et m'importune. Parlez doue sans détour ; que je sache à l'instant L'arrêt qu'on me prépan*, et le sort qui m'attend.
Prince, dans les combats, au milieu des alarmes, Je sais tirer parti du bonheur de mes armes. * Mais je veux triompher du moins par de hauts faits; Je veux avoir vaincu les captifs que je fais; Et je serais honteux d'affermir ma couronne En usant d'un secours que le hasard me donne. Soyez libre.
LE DAUPHIN
Et quel prix?...
HENRI
Perdez un tel soupçon.
Je n'exige de vous ni traité, ni rançon. J'ai su quel sentiment dans ce péril vous jette: Je respecte d'un fils la tendresse inquiète. Voyez donc votre père ; et vous pourrez demain , Prince, de votre camp reprendre le chemin.
LE DAUPHIN
Non, je n'accepte pas un bienfait qui m'outrage; Vous n'aurez pas sur moi ce cruel avantage. Moi, souffrir qu'un Anglais, dans Paris consterné, Se puisse enorgueillir de m'avoir pardonné ! Jamais.
HENRI
Nous sommes seuls, je puis être sincère , Prince. J'honore en vous un loyal adversaire , Et je ne prétends pas, blessant votre fierté. Affecter avec vous la générosité.
Non; sans déguisement vous allez me connaître. J'admire les vertus que vous faites paraître :