ACTE m, SCENE III MV
J*eutM été trop heureux , si le destin plus doux Eût daigno m'acrorder un ami tel que vous. Cent fois j'ai regretté de vouh voir ma victime ; Je gémis de combattre un rival que jVstime; Mais il s'agit d'un trône! et ce prix glorieux De tout autre intérêt doit détourner mes yeux. L'ambition nous rend ennemis l'un de l'autre; Vous souhaitez ma perte , et je cherche la vôtre ; Et vous devez penser qu'en brisant vos liens. Avant vos intérêts j'ai consulté les miens.
LE OAUPUIN.
Oui, je vous reconnais! A mes yeux tout s'explique. Je comprends les calculs de votre politique: Je vois trop le motif qui fait tomber mes fers.
HENRI
Je vous l'ai déjà dit , c'est moi seul que je sers. Le sceptre de la France est un trop beau partage ! Pour assurer mes droits à ce noble héritage , Qu'importe en quels appuis je me suis confié. Prince? par le succès tout est justifié.
LK DAtPUIN.
Tout est justifié ! Pourrez-vous jamais l'être , Quand vous méconnaissez le sang qui m'a fait naître? Lorsque pour m accabler, me perdre, me fiétrir, A de honteux détours vous osez recourir ? Semant autour du roi l'erreur et le mensonge. Abusant de l'état où le destin le plonge....
HENRI
Qu'osez-vous supposer? Moi , de tels attentats ! Employer contre vous des moyens aussi bas !
Non , prince, non , jamais vous n'avez pu le croire. Je sais trop quels complots ont aidé ma victoire : Tout en les méprisant , j'en ai dû profiter ; Mais ce n'est pas à moi qu'il les faut imputer. Je ne suis pas ici votre seul adversaire : Isabelle....
LE DAUPHIN
Arrêtez ! Isabelle est ma mère.
HENRI
C'est l'auteur de vos maux.
LE DAUPHIN
Elle a pu les causer; Mais lorsque je me tais, nul ne doit l'accuser.
HENRI
Prince....
LE DAUPHIN
Respectez-la du moins en ma présence.
HENRI
Vous-même, réprimez cet orgueil qui m'offense.... Il est temps, je le vois, de rompre un entretien Dont chaque mot aigrit votre cœur et le mien. Vous pouvez librement, je vous le dis encore, Porter aux pieds du roi vos douleurs qu'il ignore; Demain, quand vous aurez désarmé son courroux, Les portes de Paris se rouvriront pour vous.
LE DAUPHIN
Songez-y bien, seigneur, si vous brisez ma chaîne , Je poursuis mes projets, et je garde ma haine; Il faut vous préparer à de nouveaux combats.