ACTE III, SCÈNE VI. 47ft
ut ROI.
() mon ami, je suis bien malheiireui ! D'un profond dëscHpoir mon âme est |)osAéclée. De l'horreur de mon sort vous n'avez pas d'idée î 1/opprobrc, la douleur ne peut aller plus loin. Mais vous-même bientôt vous en serez témoin î Oui, bientôt vous verrez ma honte, ma souffrance; l^s terribles accès d'un mal sans espérance; Cher Clisson, mes douleurs vous glaceront d'effroi... Eh bien, de tels instants sont les plus doux pour moi ! Alors du moins, plongé dans un délire extrême, Je ne connais plus rien , je m'ignore moi-même; Du malheur des Français je perds le sentiment.... Mais lorsque je reviens de mon égarement; Lorsque de ma raison le flambeau se rallume; Que je comprends l'horreur du mal qui me consume; Que je vois tout un peuple à mon sort enchaîné, Dans un abîme affreux par mes maux entraîné.... Ah ! Clisson, c'est alors que je suis misérable! Ainsi, pour m'accabler, le ciel inexorable Sur le bord du tombeau semble me n^enir: Je demande la mort et ne peux l'obtenir!
CLIS.SOW.
Calmez ce désespoir, n'irritez pas vos jKMnes. Réparant ses rigueurs par des faveurs soudaint^s, Le ciel....
t,t ROI.
Non , pour mon cœur il n'est plus de repos; Clisson , mon peuple souffre, et j'ai cause S4»5 maux '
Sire, éloignez....
LE ROI
PVct là ne» nui ttia f\ai
spcn^r^ '
Rappelez-vous la France à la mort de mon père; Ses désastres vengés par de nombreux exploits, Ses peuples respirant sous l'égide des lois , V Respectée au dehors, puissante, fortunée.... Et maintenant voyez quelle est sa destinée!
CLISSON
Ces malheurs, est-ce à vous qu'il les faut reprocher? Jeune encore la gloire avait su vous toucher. Vous aviez à Rosbec montré votre courage ; Vos lois de Charles-Cinq affermissaient l'ouvrage; Juste, humain, occupé des plus nobles projets. Déjà vous promettiez un père à vos sujets; Quand tout à coup saisi d'une indigne souffrance.... Non, sire, non. Dieu seul brisa notre espérance; Et jamais les Français, malgré tant de revers. N'ont accusé leur roi des maux qu'ils ont soufferts.