‹ Œuvres dramatiques (volume 2)Chapitre 267 sur 363 · ACTE IV, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE III

LE ROI

Vous rignoriez... Tai besoin de le croire.

t.A REINE.

Seigneur , tous âtcs père ; on ferait , je le sens , Pour vous dtisulnisor clos efTorls impuissants. Mais du Dauphin trop tard la fierté s'humilie. Songez, sirr, songez au traité qui vous lie. l^ancaslre, de ma fille en devenant Tépoux, Au trône des Valois dut monter après vous; 1^ paix fut à ce prix : et de Henri vous-môme Vous avez reconnu les droits au diadème.

HENRI

Madame!....

LE ROI

Juste ciel! qu'osez-vous rappeler?

Oui, j'ai trahi ce fils qui me vient consoler ! Oui, cet acte odieux on me Ta fait souscrire! Mais quand? par quels moyens? en proie à mon délire» îx)rsqu'il fallut signer on conduisit ma main! On me dicta mon nom que je cherchais en vain ! Et je serais lié par ce vil stratagème!.... Ah! d'un pareil traité vous rougissez vous-même, Prince; vous savez trop que, surpris à ma foi. Il ne peut engager ni mes peuples, ni moi; Vous savez qu'il ne fut jamais en ma puissance De ravir à mon fils les droits de sa naissance, liaissons donc ce traité sans force et sans pouvoir. Et venons au motif qui m'engage à vous voir.

A vos moindi*es désirs je suis pi'êt à me rendre ,

Sire ; de mon respect vous devez tout attendre. Parlez.

LE ROI

Des magistrats à l'intérêt livrés, En jugeant le Dauphin se sont déshonorés. En cette extrémité , c'est vous seul que j'implore : Je fus déjà trahi , je le serais encore. Sans doute Ton attend le retour de mes maux Pour attacher mon nom à des forfaits nouveaux ; Et, dans l'horrible état où le destin me livre, Puis-je répondre, hélas! du moment qui va suivre? Empêchez que, signant un arrêt criminel, Je jette sur mon règne un opprobre éternel ; Des mépris que je crains préservez ma mémoire : Songez que m'avilir c'est souiller votre gloire.

HENRI

Sire, vos intérêts sont devenus les miens; Et je sais quels devoirs m'imposent nos liens. Je les remplirai tous , comptez sur ma promesse.

LE ROI

Ah! si vous me trompiez !... Ce langage vous blesse. Mais, hélas! vous voyez si mon sort est affreux! Et l'on est défiant quand on est malheureux.

HENRI

Croyez....

LE ROI

Mais non; j'abjure une crainte frivole.

Un roi ne peut vouloir manquer à sa parole : Je compte sur la vôtre.

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