‹ Œuvres dramatiques (volume 2)Chapitre 266 sur 363 · LE ROI, LA REINE, HENRI, CRAON · texte numérisé non relu

LE ROI, LA REINE, HENRI, CRAON

LE ROI

Ah ! je vous cherchais, reine... et vous, seigneur, aussi.

HENRI

Parlez; qu*ordonnez-vous, sire?

LE ROI

Je veux ici Exposer à vos yeux mon âme toute nue.

Le parlement , dit-on....

LA REINE

Vous m*avez prévenue.

Moi-même, en cet instant , j'allais vous annoncer Qu'un traître à tout espoir doit enfin renoncer : Ses crimes ont reçu leur trop juste salaire. Votre parlement y sire, instruit à vous complain% ImmolanL ses désirs au public intérêt.

D'une voix unanime a prononcé l'arrêt.

L'auteur des noirs chagrins dont votre «îme est flétrie N'a plus ici de rang, de droits, ni de patrie; De la France à jamais on vient de l'exiler

LE KOI.

Mon fils?... ah! c'est de lui que je veux vous parler !

On nous trompait tousdeux , reine , il n'est point coupable.

LA REINE

Ciel !

LE ROI

Et par un arrêt inique , abominable , Je laisserais encore outrager sa vertu ? Et cet acte honteux de mon seing revêtu.... Non , tant que ma raison soutiendra ma constance. Je ne signerai pas cette horrible sentence. Moi, condamner mon fils! moi, le déshériter !

LA REINE, à Henri.

Qu'avais-je dit, seigneur?

HENRf, à la reine.

Craignez de l'irriter.

LA REINE

Ainsi donc jusqu'au bout le Dauphin vous offense ! Et sur votre faiblesse appuyant sa défense , Par quelques feints respects habile à vous tromper. Il détourne le coup tout prêt à le frapper.

LE ROI

Non, ce n'est pas mon fils qui me trompe , madame. Ce n'est pas lui ! J'ai lu jusqu'au fond de son âme. C'est ici qu'on m'outrage; ici la trahison Profite des douleurs qui troublent ma raison. Vous ignoriez sans doute une trame si noire ?

LA REINE

Sire....

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