SCÈNE VI
MOHANVILLE, FRIMONT.
MORAN VILLE
Mais a-(-oQ vu jamais une telle iDSolence ! Ah! bientôt....
FRlMOlfT.
Devant eux j ai garde le silence:
Mais à présent je dois vous parler sans détours.
MORAIVVILLE.
Qu est-ce donc , s'il vous plaît? où tendent ces discours?
KniMoirr.
Y pensez-vous, monsieur? quelle erreur vous emporte? Osez-vous du pouvoir abuser de la sorte?
MOHANVILLE.
Monsieur....
FniMOXT.
Vous m'entendrez; nous sommes sans témoins. Quel fruit espérez-vous de ces indignes soins? lilst-ce donc pur Tintrigue et par rintolcrance Que vous croyez servir votre prince et la France? Vous vous perdez, monsieur; c'est sur vous....
MOHANVILLE.
Finissons :
Je ne veux pas, monsieur, recevoir de leçons.
FRIMOIVT.
Ce langage....
MORANVILLi:.
Pardon, je suis trop vif, peut-être; D'un peu d'émotion je n'ai pas été maître. Mon intérêt vous guide , aisément je le vois : Je suis fier des conseils que de vous je reçois. Mais enfin, des honneurs quand on suit la carrière, Il faut risquer beaucoup, ou l'on reste en arrière. Le monde aux plus adroits voit décerner le prix. Sans s'informer jamais du chemin qu'ils ont pris; C'est d'après le succès que l'on juge les hommes, Et réussir est tout dans le siècle où nous sommes. Laissons donc ce sujet, et permettez qu'ici Je vous ouvre mon cœur.
(A part.)
Parlez. Nous y voici.
MORANVILLE.
Le bonheur de ma vie est en votre puissance, Monsieur. Vous connaissez mou nom et ma naissance r A ce nom mes aïeux ont donné quelque éclat; Toujours avec honneur ils ont servi l'Etat. Il est vrai, j'ai subi la disgrâce commune, Et nos malheurs passés m'ont ravi ma fortune; Mais avec des talents, de la protection. Je puis promettre tout à mon ambition.
N'en doutez pas, un prince éclairé nous gouverne ,^ Je ne saurais languir dans un rang subalterne. Toutefois les honneurs ne sont rien à mes yeux, Si je ne puis y joindre un bien plus précieux, Une épouse charmante, et que mon cœur adorc^