‹ Œuvres dramatiques (volume 2)Chapitre 340 sur 363 · ACTE III, SCÈNE 11. tm · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE 11. tm

PIIBMR.

Quel hotmne ctt<-oe?

PLAirruv.

Quel homme?

Un citoyen fameux, que partout on renomme. Voilà, voilà les gens qui doivent étra élua.

THOMAS

Je ne le connais pas.

PIKRRK.

Ma foi , ni moi non plus.

PLANTlIf.

Il est Tami du peuple, et Thonneur de la France, 11 est, dans nos malheurs, notre seule espérance; Ses sentiments sont purs, ses talents sont certains: A ses amis, à lui, confiez vos destins. Que ces bons citoyens, qu*on abreuve d'outrages, Pour prix de leurs vertus obtiennent vos suffrages. Alors vous jouirez d\m fortuné repos; Plus de droits onéreux, d exercices, d*iinp6ts; Alors, agriculture, arts, commerce, industrie, Tout ce qui sert, honore, enrichit la patrie, Ressentira TefTet de leurs soins bienfaisants. Modestes laboureurs, utiles artisans.

Vous tous dont les sueurs fécondent nos contrées. On paîra mieux alors vos travaux, vos denrées; Des mécontents ces bords n'entendront plus les cris; (APiefTc.) (Ail»»».)

Car le blé sera cher, et le pain à bas prix. Enfin vous vivrez tous au sein de Tabondance ; Vous aurez du travail et de Tindépendance.

THOMAS

Quel heureux avenir!

PIERRE

C'est un vrai paradis.

PLANTIN

Oui, ce bonheur est sûr, et je vous le prédis.

Mais, hélas ! en ce jour de cabale et de brigue,

Si ces vrais citoyens, victimes de l'intrigue,

Succombent aux complots qui contre eux sont formés;

Abandonnés par vous, s'ils ne sont pas nommés;

O mes amis, au lieu des plaisirs et des fêtes,

Le voile du malheur s'étendra sur vos têtes;

On vous imposera les plus rudes fardeaux,

La dîme , la corvée et les droits féodaux.

Que dis-je? il est un droit bien plus horrible encore !

Oui, Pierre, un droit affreux, que ta candeur ignore.

Tu vas te marier? Eh bien, si dans ce jour

Où tu dois recevoir le prix de ton amour,

Si, quand tu formeras les doux nœuds d'hyménée,

Ton amante modeste et de fleurs couronnée.

D'un maître audacieux éveille les désirs.

Il peut troubler d'un mot ta joie et tes plaisirs;

11 peut, en insultant à ta fureur jalouse.

Au sortir des autels te ravir ton épfbuse.

Et, réclamant un droit à ton honneur fatal,

Détacher de son front le bouquet virginal.

PIERRE

Comprends-tu ça , Thomas ?

THOMAS

Oui , sans doute.

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