‹ Œuvres dramatiques (volume 2)Chapitre 345 sur 363 · ACTE m, scÈNR IV. est · texte numérisé non relu

ACTE m, scÈNR IV. est

TUOMA».

Chicanant leur laUire k tout ceux quil emploie, Il tW fait dëtetter.

MOHAffVtLUL

Je voit trop qu*aujourcl*huî L*on vous aura, sous main, prévenus contre lui ; Toujours d'un concurrent la langue est mrdtsanti*. Courbeval nVst pas tel qu*on voiu le représente : Il est pour galant homme en tout lieux réputé , Et Ton ne peut élire un meilleur députe.

C'est possible. Mais, t*ncz, monsieur de Moran villes Lui faire avoir des voix, ça t*ni ben difficile.

MORAlVVILLt.

Vous voyez maintenant qu*on Tavait mal jugé; Dès lors....

TaOMAS,

Pierre a raison ; et votre protégé , Par ses tons, ses grands airs, a choqué tout le monde.

MORAirVILLIi.

Mais ne suflit-il pas que de lui je réponde?

THOMAS

Sans doute; cependant....

PIKRRK.

J' n*osons vous répliquer.

MGR Aff VILLE.

£h bien, plus clairement je vais donc m*expliquer. Du choix que vous ferez considérez la suite. Et que vos intérêts règlent votre conduite. Choisisse/. Courhoval , et le gouvernement

632 UNK JOURNÉE D'ÉLECTION ,

Comblera de faveurs votre arrondissement.

Il n'est rien que de lui vous ne puissiez attendre ;

Ses bienfaits, dès demain, vont sur vous se répandre.

Vous obtiendrez d'abord un siège épiscopal ,

Puis une garnison, un collège, un canal;

Et l'an prochain , trois ponts et deux routes nouvelles.

PIERRE

V'ià d'quoi nous enrichir.

THOMAS

Des promesses si belles....

MOR AN VILLE

Vous y pouvez compter; oui, nen n'est plus certain. Et le Ministre encor me l'écrit ce matin.

Si tout ça s'arrangeait, morgue queu bonne affaire. J'aurions tous de l'argent , dame , à n' savoir qu'en faire.

TBOMAS.

En vérité, monsieur, un pareil avenir....

MORANVILLE.

Songez-y. Mais un mot encor, pour en finir. Aimez-vous le roi ?

PIERRE

Nous? Pardi ! si ça s' demande î

THOMAS

J'obéis avec joie à tout ce qu'il commande.

MORANVILLE.

Eh bien donc! s'il est vrai, sachez en ce moment Lui prouver votre amour et votre dcvoûment.

THOMAS

Quoi 1 nommer Courbcval....

AcrTK m, SCÈNE IV (m

MORAIIViLI.E.

Oui , le roi le désire.

PIFRIIK.

Vraiment?

MORAlfVILLF.

Il m*a chargé m^mc de vous le dire.

PIRRRC

Chargé de nous le dire? alors c*cst difTércnt. J*n*ons rien à lui r fuser.

THOMAS

Mais ce qui nie snrpn'nd , Monsieur....

MORA?fVIM.B.

Oui, mes amis, j'étais certain d'avance Que vous ne seriez pas un instant en balance. Vous ne voudriez pas, manquant à votre foi. Passer pour factieux , pour ennemis du roi ? 11 faut qu'au bon parti la victoire demeure. Nommez donc Courbeval.

PIERRi:.

Sans doute.

TilOMA.H.

\ la l)ouue heur«.

MORAI(VILI.E.

On peut compter sur vous ?

PIERRE

Oh! oui, j* vous r promets bien.

MORA?IVIIXE , à Thoma*.

Et vous ?

( A part. )

Je le promets. Cela n'engage à rien.

MOR AN VILLE

Allez donc, soutenez une cause si belle; A chacun, s'il se peut , inspirez votre zèle; Entraînez vos voisins, vos parents, vos amis.

THOMAS

N'en doutez pas.

PIERRE

J' tiendrons plus que j' n'avons promis.

MORANVILLE.

Adieu. J'attends l'effet que vos soins vont produire ; Et j'écrirai demain au roi pour l'en instruire.

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