ACTE m, scÈNR IV. est
TUOMA».
Chicanant leur laUire k tout ceux quil emploie, Il tW fait dëtetter.
MOHAffVtLUL
Je voit trop qu*aujourcl*huî L*on vous aura, sous main, prévenus contre lui ; Toujours d'un concurrent la langue est mrdtsanti*. Courbeval nVst pas tel qu*on voiu le représente : Il est pour galant homme en tout lieux réputé , Et Ton ne peut élire un meilleur députe.
C'est possible. Mais, t*ncz, monsieur de Moran villes Lui faire avoir des voix, ça t*ni ben difficile.
MORAlVVILLt.
Vous voyez maintenant qu*on Tavait mal jugé; Dès lors....
TaOMAS,
Pierre a raison ; et votre protégé , Par ses tons, ses grands airs, a choqué tout le monde.
MORAirVILLIi.
Mais ne suflit-il pas que de lui je réponde?
THOMAS
Sans doute; cependant....
PIKRRK.
J' n*osons vous répliquer.
MGR Aff VILLE.
£h bien, plus clairement je vais donc m*expliquer. Du choix que vous ferez considérez la suite. Et que vos intérêts règlent votre conduite. Choisisse/. Courhoval , et le gouvernement
632 UNK JOURNÉE D'ÉLECTION ,
Comblera de faveurs votre arrondissement.
Il n'est rien que de lui vous ne puissiez attendre ;
Ses bienfaits, dès demain, vont sur vous se répandre.
Vous obtiendrez d'abord un siège épiscopal ,
Puis une garnison, un collège, un canal;
Et l'an prochain , trois ponts et deux routes nouvelles.
PIERRE
V'ià d'quoi nous enrichir.
THOMAS
Des promesses si belles....
MOR AN VILLE
Vous y pouvez compter; oui, nen n'est plus certain. Et le Ministre encor me l'écrit ce matin.
Si tout ça s'arrangeait, morgue queu bonne affaire. J'aurions tous de l'argent , dame , à n' savoir qu'en faire.
TBOMAS.
En vérité, monsieur, un pareil avenir....
MORANVILLE.
Songez-y. Mais un mot encor, pour en finir. Aimez-vous le roi ?
PIERRE
Nous? Pardi ! si ça s' demande î
THOMAS
J'obéis avec joie à tout ce qu'il commande.
MORANVILLE.
Eh bien donc! s'il est vrai, sachez en ce moment Lui prouver votre amour et votre dcvoûment.
THOMAS
Quoi 1 nommer Courbcval....
AcrTK m, SCÈNE IV (m
MORAIIViLI.E.
Oui , le roi le désire.
PIFRIIK.
Vraiment?
MORAlfVILLF.
Il m*a chargé m^mc de vous le dire.
PIRRRC
Chargé de nous le dire? alors c*cst difTércnt. J*n*ons rien à lui r fuser.
THOMAS
Mais ce qui nie snrpn'nd , Monsieur....
MORA?fVIM.B.
Oui, mes amis, j'étais certain d'avance Que vous ne seriez pas un instant en balance. Vous ne voudriez pas, manquant à votre foi. Passer pour factieux , pour ennemis du roi ? 11 faut qu'au bon parti la victoire demeure. Nommez donc Courbeval.
PIERRi:.
Sans doute.
TilOMA.H.
\ la l)ouue heur«.
MORAI(VILI.E.
On peut compter sur vous ?
PIERRE
Oh! oui, j* vous r promets bien.
MORA?IVIIXE , à Thoma*.
Et vous ?
( A part. )
Je le promets. Cela n'engage à rien.
MOR AN VILLE
Allez donc, soutenez une cause si belle; A chacun, s'il se peut , inspirez votre zèle; Entraînez vos voisins, vos parents, vos amis.
THOMAS
N'en doutez pas.
PIERRE
J' tiendrons plus que j' n'avons promis.
MORANVILLE.
Adieu. J'attends l'effet que vos soins vont produire ; Et j'écrirai demain au roi pour l'en instruire.