ACTE 111, SCÈMË V
PIIMIl.
N'faut point ici i* permettre (l*kMidiiuig«; Un «ous-préfct , Tlioina» , c*ett un grand personnage !
THOMAS
Diable!
PIIRRR.
Ça vient d* Pari.v
ruoMAi.
Peste!
PURRC.
Ça coonait V roi I Ça lui parle, vois-tu, comme j* te parle à toi.
THOMAS
Et tu crois bonnement des fables aussi lonrdes?
PICRRK.
Tbomas !
THOMAS
Le sous-prëfet n*cst qu*un donneur de bourdes.
PIKRRE.
Mais....
THOMAS
Il est de CCS gens, je le parirais bien , Qui font parler le roi sans qu'il en sacbe rieo.
PlIvRHR.
Il n'oserait.
THOMAS
Sois sur , malgré ce beau langage , Qu'à porter Gourbeval quelque intérêt Icngoge.
PIERRE
Ce sVait par trop fort.
THOMAS
Oui, je le dis derechef, Il n'a pas reçu d'ordre, il agit de son chef.
PIERRE
Allons, allons, Thomas! son d'voir, sa conscience....
THOMAS
Va, nous en avons fait la triste expérience.
Rien ne met à l'abri de ses vexations ;
Il n'accueille jamais nos réclamations ;
Chacun est révolté de son extravagance,
De ses airs protecteurs, de sa sotte arrogance.
En aucun temps, monsieur n'est visible pour nous;
Ou, lorsque par hasard il donne un rendez-vous,
Dût-on pour s'y trouver traverser la banlieue,
De bonne heure à sa porte il faut être à la queue.
Et quand on a dehors attendu jusqu'au soir,
Il vous fait avertir qu'il ne peut recevoir.
PIERRE
Tu t'emportes....
THOMAS
Non , non , je te le dis encore , Puisqu'il abuse ainsi d'un titre qu'on honore. Puisqu'il flatte les grands et vexe les petits, Qu'il se rend parmi nous l'instrument des partis. Qu'il place sans respect le pouvoir à leur suite ; Puisque, par ses discours, ses actes, sa conduite. Il entretient partout la contrainte et l'effroi , Sois sûr qu'il n'agit pas par les ordres du roi.