SCÈNE V
ARTABAN, MÉGABISE.
MIÉGABISE.
Tëpiais le moment où vous pourriez m'entendre. Sans craindre nul obstacle on peut tout entreprendre. J'ai sondé nos amis et les chefs du palais; Ils vous serviront tous quels que soient vos projets.
Conçois-tu mes tourments, ô mon cher Mégabise?
En se sacrifiant Arbace me méprise;
Il aime mieux périr qu'embrasser mes desseins;
Son père est à ses yeux le dernier des humains ;
Il m'insulte, il m'outrage!... et cependant je l'aime!
Cette austère vertu, je l'admire moi-même!
Je suis fier de mon fils! et sens au fond du cœur
Un mélange confus d'orgueil et de douleur.
O fils cher et cruel , ton généreux silence
Te donne trop de droits à ma reconnaissance!
Quand tu fais tout pour moi je pourrais t'accabler î
Je pourrais lâchement te laisser immoler !
Non , jamais; que moi-même aujourd'hui je périsse,
Plutôt que de souffrir cet affreux sacrifice.
Tous mes vœux les plus chers sont ici réunis :
Il faut monter au trône, et conserver mon fils!
MÉGABISE.
Donnez-donc le signal.
ARTABAN
Je vais juger Arbace.