SCENE PREMIERE
ARBACE.
Je suis donc condamné! grands dieux! c'en est donc fait !
Et mon père lui-même a prononcé l'arrêt!
Le cruel a signé ma mort avec courage !
Nul trouble, nul remords n'altérait son visage!
Hélas! lorsque je meurs pour lui, pour le sauver,
Trop sûr de mon silence , il semble me braver !
Et je me tais encor! j'écoute la nature!
Je vais sur Téchafaud expirer sans murmure!...
Père barbare, eh bien ! jouis de mon trépas;
Je m'immole pour toi.... je ne m'en répens pas;
La vertu le commande et doit être obéie.
Après tout, maintenant que m'importe la vie?
L'espoir de mon bonheur est détruit pour toujours.
Quand j'oserais, soigneux de conserver mes jours,
Montrer la vérité, prouver mon innocence,
Ne me faudrait-il pas rougir de ma naissance?
L'odieux attentat que mon père a commis
Ne rejaillit-il pas sur son malheureux fils?
Ah! ce funeste aveu comblerait mon martyre ;
Je trahirais l'honneur sans conserver Sémii*e!...