SCENE PREMIERE
ARTABAN, MÉGABISE.
ARTABAN
Oui, c'est trop me livrer au trouble qui me presse, C'est trop, cher Mégabise, écouter ma tendresse. Puisqu'Arbace en son sein veut plonger le couteau, Qu'Artaxerce du moins le précède au tombeau ; Du malheur qui m'attend qu'il porte la vengeance ; Du trépas de mon fils punissons-le d'avance; Et qu'expiant le coup qui les doit réunir, Il me paie aujourd'hui mes larmes à venir.
MÉGABISE.
Tout est prêt ; à vos vœux Je ciel même est propice.
Sans savoir vos projets le peuple en est complice,
Et lorsqu'à vous servir je l'entraîne aujourd'hui,
D'Arbace seulement il croit être l'appui.
Les chefs de mes guerriers , vous venez de l'entendre,
Répondent de la garde; ils vont ici se rendre;
Et dans ce temple auguste, où tout vous est soumis,