SCÈNE II
ÂRTABAN, ensuite SÉMIRE.
ARTABAIf.
le vais donc recueillir le fruit de mon audace! Du roi que j'ai frappé je vais prendre la place ! Pourquoi faut-il, hélas! qu'un fils infortuné....
SEMIHE.
Je vous cherchais, Seigneur !... Arbace est condamné !
ARTABAir.
Au gré de vos désirs, oui, vous êtes servie; Sur l'échafaud , Madame, il va perdre la vie.
SÉMIRE
Qu'osez- vous avouer, cruel! qu'avez- vous fait? Quoi! vous avez signé cet exécrable arrêt! Quoi ! l'amitië , le sang , le nom sacré de père , Rien n'a pu retenir votre main sanguinaire?
ARTABAN
Madame, pardonnez à mon étonnement; Votre douleur tantôt s'exprimait autrement. L'arrêt que vous pressiez vous semblait légitime; Et c'est vous maintenant qui m'en faites un crime!
SÉMIRE
Oui, j'ai dû n'écouter que mon juste courroux; Mais ma conduite est-elle une règle pour vous? Un soin bien différent nous pressait l'un et l'autre : J'ai rempli mon devoir, avez- vous fait le vôtre? Ah! si j'avais mon père et ma gloire à venger, N'aviez-vous pas , barbare, un fils à protéger? Je demandais sa mort! eh! fallait-il m'entendre? Je devais l'accuser ; vous deviez le défendre. Vous deviez opposer son nom et ses exploits, Aux indices du crime, à la rigueur des lois; Faire parler pour lui , sou calme, son silence; A nos yeux, malgré lui, prouver son innocence; Écouter la nature, obéir à ses cris, Et nous tromper enfin pour sauver voire fils.
ARTABAN
Pouvais-je ainsi du roi trahir la confiance?