‹ Œuvres dramatiques (volume 2)Chapitre 58 sur 363 · NOTICE SUR SCIPION ÉMILIEN · texte numérisé non relu

NOTICE SUR SCIPION ÉMILIEN

quand je fus tiré de cet le position cruelle par M. Laine, par cet homme de bien qui m'honora pendant vingt ans d'une estime et d'une amitié qui me sont un titre de gloire auprès de tous ceux qui l'ont connu. Il m'offrit et j'acceptai, au mois de juin 1816, une place de chef de division au Ministère de l'Intérieur.

Revêtu de pareilles fonctions , je ne pouvais plus songer à la poésie ; tout mon temps, toutes mes pensées appartenaient à l'administration ; et je devais chercher , à force de dévouement et de zèle , à suppléer au talent et, je dois ajouter, à l'aptitude qui me manquaient. Aussi je m'étais livré, sans restriction et sans partage , aux soins que le devoir et la probité m'imposaient.

Bien des gens me portaient envie ; j'occupais un poste brillant et lucratif!., et cependant je n'étais pas heureux. Sans ambition, n'ayant jamais su comprendre l'espèce de bonheur que l'on trouve, dit-on, dans les dignités et la fortune, j'aurais préféré une position plus modeste avec un peu plus d'indépendance. Cette vie de bureau, ce labeur administratif auxquels j'étais enchaîné y n'avaient aucun attrait pour moi ; et, malgré tous les efforts de ma raison, je me sentais dévoré par le dégoût et les ennuis. Des dossiers! toujours des dossiers! rien qui parlât au cœur ou à l'imagination ! Les travaux littéraires, le théâtre, l'espoir des succès , tout cela m'était interdit !

PUu de vers, partant plus de joie.

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