ACTE»!, SCÈNE II
S^MIRF.
Arbace, au nom des Dieux, fuis le courroux du rot. Pour l'exposer ainsi , ta vie est-elle à toi ? Non, elle m'appartient , c'est le bien dcS<^mirc , Tu n'en peux disposer; et dois-je le le dire, Cruel ! chez deux amans épris des marnes feux, I^ecoup qui frappe l'un les immole tous deux.
ARBACE.
Hë bien ! vous l'exigez , il faut vous satisfaire. Mais en quittant ces lieux , j'emporte ma colère ; J'y reviendrai bientôt pour vous en arracher, Et punir un ingrat que je n'ai pu toucher.
Sl^MlRE.
Quoi!
ARBACE.
I^ Mède a souvent éprouvé mon courage; Il est impatient du frein de l'esclavage; Soutenu par mon bras, il pourra tout oser; Je lui donnai des fers , je saurai les briser. J'offrirai la victoire, une vengeance prompte, A ceux dont j'ai causé la défaite et la honte; Ces peuples, sous le joug indignement plies. Lèveront à ma voix leurs fronts humiliés; Pour laver leur opprobre ils seront plus terribles. Et leurs revers passés les rendront invincibles. Alors, Xcrcès, alors, parla crainte changé. Tu te repentiras de m'a voir outragé; Alors tu m'offriras le bonheur où j'aspire; Il ne sera plus temps : jr t'arrache Sémire, Je pars^ en dédaignant ton repentir tardif, I. î
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Et toi comme autrefois tremblant et fugitif, Contre les ennemis auxquels je t'abandonne Défends, si tu le peux , tes jours et ta couronne.
S^MIRE
Que dites-vous, Arbace! et comment âmes yeux Osez-vous expliquer vos desseins odieux!
Croyez-vous que jamais, servant votre colère, J'accepte pour époux l'ennemi de mon père ? Que Sémire approuvant ces coupables projets , Consente à devenir le prix de vos forfaits ?
ARBACE.
Hé quoi î de ce cruel vous prenez la défense ! Madame, ignorez- vous mes maux et son offense? C'est peu de me ravir le bonheur et l'espoir, C'est peu de m'ordonner de ne vous plus revoir : Il me méprise , il joint l'outrage à la menace ; Il m'abreuve déboute, il m'insulte, il me chasse; Il couvre enfin mon front d'une indigne rougeur. Et comme un vil esclave il traite son vengeur! Puis-je d'un tel affront supporter la pensée ! Et quel est le sujet de sa rage insensée ? J'ose croire qu'il va s'abaisser jusqu'à moi ! Je prétends à sa fille et je ne suis pas roi ! Mais s'il règne, quel bras arrêta sa ruine? Fastueux déserteur des bords de Salamine, Sa honteuse défaite exposait nos destins; Moi seul j'ai raffermi le sceptre dans ses mains; Et triomphant pour lui , par plus d'une victoire A son nom méprisé j'ai rendu quelque gloire.