‹ Œuvres dramatiques (volume 2)Chapitre 8 sur 363 · ACTE 1, SCÈNE · texte numérisé non relu

ACTE 1, SCÈNE

Cher Arbacc, où t'emporte un vif ressentiment ! N'accusons que nous seuls de notre aveuglement. Nous pensions qu*entrain<^ par la reconnaissance, Xercès surmonterait Torgucil de sa naissance, £tqu*enfîn il pourrait, honorant tes exploits. Te donner pour ëpoux à la fîllc des rois.... De nos coeurs trop épris séduisante chimère ! Mais les rois peuvent-ils tout ce qu'ils veulent faire ^ Sans cesse du devoir la triste austérité Fait sous Topinion plier leur volonté.

De mon père pour moi je connais la tendresse; Peut-être notre amour le touche et l'intéresse; Peut-être de son rang accusant la splendeur. Il déplore en secret nos maux et sa rigueur.

ARBACE.

Non, vous connaissez mal ce tyran inflexible; A la pitié jamais son cœur ne fut sensible; Enflé de son pouvoir, du nom de ses aïeux

SiMlRE.

Eh bien ! il est cruel , injuste, je le veux. Mais dois-tu Timiter? Non; de ses injustices^ Arbace, venge-toi par de nouveaux services; Suis la voix de Thonneur : que tes nombreux succès Fassent rougir le roi des affronts qu'il t*a faits; Touché de tes vertus, que lui-même il t'admire , Qu'il connaisse qu'Arbace est digne de Sémire ; Et que contraint alors d'expier ses mépris, Il se trouve honoré de te nommer son fils.

20 ARTAXEKCE,

ARBACK.

Vous voulez détourner le coup qui le menace; Rien ne peut me fléchir, je jure

SÉMIRE

Arrête , Arbace.

L'invincible courroux qui t'ëgare en ce jour Pourrait me faire enfin douter de ton amour. Ton cœur est tout entier en proie à la colère; On ne saurait m'aimer alors qu'on hait mon père.

ARBACK.

Et c'est ce même amour....

SÉMIRE

Barbare, que dis-tu?

Quoi! l'amour dans ton cœur éteindrait la vertu! Non, non, sache plutôt oublier ta maîtresse : Ton honneur m'est plus cher encor que ta tendresse. Après tout, nos malheurs ne peuvent-ils finir? Et sais-tu quel destin nous garde l'avenir? Le sort, qui dans ce jour comble notre misère. Ne peut-il réparer les maux qu'il a pu faire? Ton père est de Xercès le plus cher confident, il a sur son esprit un entier ascendant ; Il saura s'appuyer de ton obéissance Pour calmer ce courroux qu'irrite ta présence. Le peuple , les soldats , les mages et la cour , Tons presseront le roi d'accorder ton retour. Mon frère te chérit, il prendra ta défense; Tu fus le compagnon, l'ami de son enfance. Et ta valeur encor resserra ces liens, En exposant tes jours pour conserver les siens.

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