SCÈNE II
CAÏUS, Fur.vius.
CkWS.
£h bien, cher Fui vins, quel espoir dois-je prendre? Le peuple sur mes pas va-t-il tout entreprendre? Est-il prêt à punir un Sénat odieux ?
FIÎLVIUS.
Gains !...
CAÏrs.
Explique-toi.... Tu détournes les yeux !
A quelle indignité ton dévoûinent t'expose! I. 11
162 SCI PION ÉMILIEN,
CAÏUS
Quoi! que dis-tu?
FULVIUS
Connais les armes qu'on t'oppose; Apprends enfin, apprends quel nouvel attentat Met aujourd'hui le comble aux fureurs du Sénat.
CAÏUS
Achève.
FULVIUS
Il te proscrit ; et sa haine convie Tout citoyen romain à t'arraclier la vie ! 11 ose, au nom de Rome et de la liberté. Faire un appel infâme à la cupidité !
Oui, de ton meurtrier la récompense est prête, Caïus; au poids de l'or on doit payer ta tête!
CAÏUS
Quoi ! ces patriciens, de crimes tout souillés. Veulent corrompre encor ceux qu'ils ont dépouillés; Et par l'appât honteux d'un horrible salaire, Des malheureux Romains ils tentent la misère! Qu'ils se hâtent du moins d'assouvir leur courroux; Le Sénat est perdu si j'échappe a ses coups !.... Mais laissons mes périls, mon âme les méprise. Oui , parle-moi de Rome et de notre entreprise. As-tu, des sénateurs rappelant les excès, De nos hardis desseins préparé le succès? Et le peuple à mes vœux empressé de se rendre....
Le peuple!.... cher Caïus, tu n'en dois rien attendre.