ACTE IV. SCËNR II
CAÎUS.
Qu*oses-tu din» ? 6 ciel !
FUÎ.VIIFS.
I^ triste vérité.
CAÏU5.
Fulvius, puis-je croire à tant de lâcheté?
Ceux pour qui j*ui tout fait , les Romains me trahissent !
Les ingrats !
FLLVIIIS.
I^*s Romains t'honorent, te chérissent.
Ils voudraient partager les périls où tu cours; Mais contre Scipion n'attends point leur secours.
CAÏUS
Comment ?
FULVIUS
Ah! quelle fut notre aveugle espérance!
Les Romains comhattraieot le vainqueur de Numance ? Lui qui leur fut si cher, lui dont le seul aspect Les glace cncor de crainte et les force au respect? Non, non, devant celui qui les combla de gloire. Celui qui les guida jadis à la victoire, £t qui les ramenait toujours dans leurs foyers, Enrichis de butin et couverts de lauriers. Ils trembleront; leur bras incertain et timide Croirait eu l'attaquant commettre un parricide.
CAÎIIS.
De quel funeste jour tu viens de mVclairer! £h quoi ! cher Fulvius, faut- il me préparer A vivre dans Fopprobre, à mourir sans vengeance?
FDLVIUS.
Oui , de tant de bienfaits voilà la récompense.
CAÏUS
Et je le souffrirais!
FHLVIUS.
Rome allait sous tes lois Sortir de l'esclavage et recouvrer ses droits; Il n'y faut plus penser. Scipion inflexible Oppose à tes desseins un obstacle invincible. Seul il est dangereux; le bruit de ses vertus Protège le Sénat, défend Opimius; C'est lui qui rend contre eux ta valeur inutile. La victoire sans lui te deviendrait facile : Les Romains, délivrés d'un ascendant fatal, S'armeraient avec joie à ton premier signal.
CAÏUS
Ainsi notre infortune est l'œuvre d'un seul homme !
FULVIUS
Ah! connais tous nos maux et le destin de Rome. Ce cruel Scipion , notre persécuteur, Demain par le Sénat est nommé dictateur !
CAÏDS
Lui?
Mes craintes peut-êtreoutragent sa justice; Mais il t'a menacé de l'exil , du supplice. ...
CAÏUS
Impitoyables dieux, eh bien , en est-ce assez!
Mes jours sont donc proscrits, mes projets renversés!,..
Ah ! de mon désespoir je ne suis plus le maître ;