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Oeuvres dramatiques

Quoique j'aie habité rAileinagne pendant près de deux ans , je sais fort mal la langue allemande; cependant, à l'aide du dictionnaire, je suis en état de comprendre et même de traduire, tant bien que mal, tous les auteurs. Aussi , pour m'entretenir dans le peu que je sais, je fais de loin en loin la traduction de quelque pièce de thëûtre. C est ainsi que j ai traduit successivement plusieursouvrages de Schiller, de Kotzbue, de Babo, de Raupach, de Grillparzer, etc., etc. Je D*at tiré parti que d'une seule de ces pièces ; les autres, je les ai encore, ou je les ai données à mes amis.

Après ce préambule , qui n'est pas aussi inutile qu'on pourrait le croire, je me hâte d entrer en matière.

Mademoiselle Mars, qui fut longtemps l'honneur du Théâtre-Français , mademoiselle Mars, que le public avait surnommée la perle et l* inimitable , mademoiselle Mars enfin, à Tapogée du talent et de la gloire , trouva un jour que sa part n'était pas encort* assez belle; et, soit qu'elle crût rajeunir son talent

en se montrant dans un autre genre , soit que son oreille fût importunée des éloges qu'elle entendait donner à une actrice célèbre des boulevards , elle voulut, elle aussi , se jeter dans le drame èchevelé^ et peindre des passions qui ne convenaient nia l'expression de sa physionomie, ni à la douceur de sou organe-

Ce fut au commencement de ce caprice , qui a été si funeste à la vraie et bonne comédie , que la grande actrice m'exprima, à plusieurs reprises, le désir de jouer un drame à passions fortes. Je lui parlai de r Intrigue et V Amour , que j'avais traduit de Schiller; les situations dont cette pièce abonde la séduisirent , et elle me pria de m'occuper de cet ouvrage.

Je n'ai jamais beaucoup aimé les drames , même les meilleurs; on comprendra donc que ce n'était pas par choix que je me déterminais à en composer un : l'envie de faire plaisir à mademoiselle Mars me porta seule à m'imposer ce travail. Au reste , il ne me prit pas grand temps, puisqu'il fut terminé en quatre mois, quoiqu'il m'eût fallu changer entièrement le rôle de la maîtresse du prince, et que j'eusse écrit la pièce en vers. Par cela même que je n'approuvais pas le genre de l'ouvrage dont je faisais une imitation, je cherchai à me relever à mes propres yeux en écrivant en vers. J'avouerai cependant que l'allure poétique m'est plus familière, plus commode , et, jusqu'à ce jour, je n'ai jamais osé écrire en prose.

Un drame ne peut intéresser le public que par la

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