SCENE III
GERMAIN, DUPRÉ. nuPRÉ.
Voyons.
GERMAIN
Voici d'abord votre correspondance.
DUPRÉ
Ah! donnez. Je connais, Gerniain, votre prudence, Je signe aveuglement.
(Il se met à une table et signe ses lettres. )
Parlez, parlez toujours; J'écoute en signant.
GERMAIN
Soit.
( Après avoir consulté son mémento. )
La comtesse des Tours Vous propose, monsieur, de choisir des arbitres.
ACrK II, SCRNK III. 191
DUPRK.
Devant les tribiinntix je produirai mes titres.
J'ai remis à Henri les pièces du procès;
Ses talents et mon droit m'assurent du succès.
r.KRMAIlV.
On le dit fort liahile, et sa délicatesse....
niipRK. Un accommodement avec une comtesse!
GKRMAIN.
Pourtant....
DUPRK.
Je n'enlends rien. Ses vœux sont superflus; Nous plaiderons, morbleu.
GERMAIN
Monsieur....
DUPRK.
N'en parlons plus.
Poursuivez.
r.KRMAlN.
A propos, j\)ul)liais cette lettre.
Je voulais, en entrant, d'abord vous la remettre; Mais notre différend a troublé mon esprit.
nu PRÉ.
Eh bien! qu annonctvt-elie? etquVst-cequ on m'écrit?
GF.RMAIN.
Je ne vous dirai pas; je ne l'ai point ouverte. Elle est pour vous seul.
nilPRÉ, apnSi .ivoir lu.
Oui?
GERMAIN
Qui VOUS fait rire ?
Gerte , Ce n'est pas sans motif.
GERMAIN
Daignez me confier....
DUPR^.
L'auriez-vous cru , Germain, on veut me marier.
GERMAIN
Vous?
DUPRÉ
Lisez ; c'est d'Arthur.
GERMAIN, après avoir lu.
Mais excellente affaire!
Si ce qu'il dit est vrai, vous ne sauriez mieux faire. Des charmes, des vertus, un million de dot.... A votre place, moi je le prendrais au mot.
DUPRÉ
Quoi ! Germain , contracter un nouveau mariage?
GERMAIN
Sans doute. Voulez-vous rester veuf à votre âge? A quarante ans.
DUPRÉ
Eh bien , c'est mon projet.
GERMAIN
Pourquoi?
UUPRÉ.
L'intérêt de mon fils m'en impose la loi. 11 est l'unique objet de toute ma tendresse.