‹ Œuvres dramatiquesChapitre 135 sur 346 · ACTE III, SCÈNE V. Wf · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE V. Wf

Enfîn je suis baron , et j*ca fais vanité : Ce titre, mes aïeux noblement Tout porté; Tous ont justifié cette faveur insigne, Et peut-être à mon tour j'ai su m'en rendre digne. Français, nous sommes tous égaux devant la loi ; Je le sais; mais pourtant il est beau, croyez-moi, Monsieur, par ses talents, sa valeur, son génie, D*acquérir la noblesse en servant sa patrie.

DUPKÉ.

Sans doute ; et c'est ainsi que j'ai toujours pensé : Le vrai mérite a droit d'être récompensé. Mais CCS titres, monsieur, j*cn ai de sûrs indices, Sont refusés souvent à d'importants services ; Des gens.... très-distingués ne les obtiennent pas.

LE BAROIf.

Les bonneurs vont cbercber des gens de tous états : Médecins, avocats, poètes, publicistes, Des manufacturiers, des savants, des artistes, Tous ont part aux faveurs qu'ils ont su mériter.

DUPRÉ

Hé! quels bommcs, monsieur, venez-vous de citer? Quoi ! des faiseurs de vers, de drap, ou de peinture! Leurs services vraiment sont d'étrange nature. Que font-ils, s'il vous plaît, pour le bien général? Que font-ils pour l'État? Mais, au premier signal. Procurer au Trésor des fonds lorsqu'il en manque. Venir, en ses besoins, au secours de la banque. Remplir tous les emprunts par le Ministre ouverts. Porter notre crédit au bout de l'univers. De l'étranger partout braver la concurrence.

Voilà ce que j'appelle être utile à la Frauce ; Voilà, monsieur, voilà, j'ose le déclarer. Les services enfin qu'on devrait honorer.

Tenez, monsieur Dupré, mettons bas toute feinte. J'entrevois le chagrin dont votre âme est atteinte : C'est votre propre cause ici que vous plaidez; Ces honneurs, c'est pour vous que vous les demandez.

DUPR^.

Pour moi? Je vous assure....

LE BAROIV.

Allons, de la franchise; Pareille ambition, après tout, est permise. Mais, sans trop vous fâcher, si je puis répliquer....

DDPR^.

N'en doutez pas , monsieur ; veuillez vous expliquer.

Eh bien, soit; je vais donc parler sans me contraindre. Quel sujet raisonnable avez-vous de vous plaindre? Vous venez, dites-vous, au secours de l'État? D'accord; mais dans quel but? quel est le résultat? Votre unique motif est-il donc d'être utile? Bon Français, je le crois, mais financier habile, On sait qu'avec l'État vos opérations Vous ont déjà valu , monsieur, des millions; Ainsi, faire avec lui d'énormes bénéfices. Vous appelez cela lui rendre des services!.... Ah! cessez d'envier le mérite indigent; Il acquiert des honneurs , vous gagnez de Fargent.

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