ACTR II, SCÈNE VIII
Ah! qu'il vaudrait bien mieux, loin (lu monde et du bruit, Cberclicr dans la retraite un repos qui vous fuit ! lÀ dans un calme heureux Tàme toujours sommeille, Chaque jour reproduit le bonheur de la veille; Là ni regrets amers, ni fragiles plaisirs, Les sens sont affranchis des terrestres désirs; Lh plus de passions, do trouble, de souffrance. Jamais de repentir, et toujours Tespérance !
PAULINE
Ursule hier me tint un langage pareil.
ROITGKVAL.
F^oin de moi de vouloir vous donner un conseil : Cherchez votre bonheur dans Tctot qui vous flatte.... Mais vous voyez souvent madame Sainte-Agathe? Ses compagnes, comme elle, au monde ont dit adieu : Les croyez-vous à plaindre ?
PAULINE
Elles, à plaindra? ô Diru ' Non , non , leur sort plutôt excite mon envie. Et je voudrais ainsi pouvoir passer ma vie! Mais je ne suis plus libre.
ROUGEVAL.
Oui, vous avez raison.
Il ne faut plus revoir cette sainte maison : Son aspect du bonheur vous présente l'asile, £t sans doute à jamais Tamour vous en exile.... A moins qu'Eugène enfin ne vous force.... Mais non , Il peut se repentir d'un coupable abandon; Puis votre oncle, d'ailleurs, tient à cette alliance.... Il faut vous résigner, et prendre patience.
PAULINE
Me résigner?....
ROUGEVAL.
Allons, rentrez, ma chère enfant; Je n'entendrai plus rien, l'honneur me le défend. Entre vos seules mains est votre destinée ; Gardez le célibat, préférez l'hymcnée, Je ne m'en mêle point ; c'est à vous de choisir : Je m'éloigne, et vous laisse y penser à loisir.
PAULINE
Monsieur....
ROUGE VAL
Non , je n'en puis écouter davantage.
PAULINE
Adieu donc. Quel destin doit être mon partage ! Hélas!
ROUGEVAL, reconduisant Pauline.
Allez en paix ; le ciel veille sur vous. ( Seul et en sortant. ) Encore une querelle , et Pauline est à nous!