SCÈNE VL
ROUGEVAL, M. DE VERTEUIL.
Arrivez donc, monsieur, que Ton vous félicite.
M. DE VBBTEUIL.
Ah! c'est vous, Rougeval?
HOUGEVAL.
Complète réussite !
Voilà ce qu'on appelle un succès éclatant.
M. DE VERTEUIL
Je dois eu convenir, je suis assez content.
ROUGEVAL.
De vous, dans tout Paris, maintenant ou s'occupe; Et demain les journaux....
M. DE VERTEUIL
Je ne suis pas la dupe Des éloges pompeux quon donne à mon discours; On n*en parlera plus avant qu'il soit deux jours.
ROUGEVAL.
Pourquoi donc? Ce morceau prouve un profond génie..
Je me tais. Mais déjà la séance est finie
Depuis une heure au moins; qu'êtes-vous devenu?
M. DE VERTEUIL
Sept OU huit dëputës là-has m'ont retenu.
JIOUGEVAL.
J'entends.
Ils m'annonçaient ma prochaine puissance , Et chacun, réclamant mon crédit par avance, M'a vanté ses talents, ses services, ses droits.
ROUGEVAL.
C'est juste; ces messieurs à la Chambre ont leur voix, A leur ambition il faut qu'on satisfasse.
M. DE VERTEUIL
Le plaisant, c'est que tous veulent la même place.
ROUGEVAL.
Bon?
M. DE VERTEUIL
Celle que j'occupe à présent; en deux mots. Tous veulent devenir receveurs-généraux.
ROUGEVAL.
Ils n'ont pas mauvais goût; la place est assez bonne.
M. DE VERTEUIL
Laissons cela , de grâce.
ROUGEVAL.
Eh quoi ! tout vous étonne.
Un portefeuille est-il si pesant ?
M. DE VERTEUIL
Ce discours....
ROUGEVAL.
Écoutez-moi, je vais vous parler sans détours.