ACTE ni, SCÈNK VI
Vos collègue» déjà, vou.h luvcz pu connaître ,
Vous font MinistH! ; cli liicn! voyons, voulrx-vous Télre?
M. DE VRRTKUIL.
Comment ?
RUIICF.VAL.
Répondez-moi.
M. DE VERTEIIIL.
Je ne vous entends pas.
Ministre?
ROUGEVAL.
Oui , si ce poste a pour vous des appas....
M. DE VERTEUIL
De restimo du roi cette éclatante marque Doit...
ROUGEVAL.
Il n'est pas ici question du monarque.
Je vous dis que pour vous on ma déj«i promis.
M. DE VERTEUIL
Eh! qui donc, s'il vous plaît?
ROUGEVAL.
Jai de puissants amis; îx^urs désirs sont des lois, et rien ne les arrête; Des honneurs, parleurs soins, vous atteindrez le faîte; D'un Ministère enfin ils peuvent disposer, £t je viens tout exprès pour vous le proposer.
M. DE VERTEUIL
Ministre!... mon ami, ce poste ditlicile.... Mais que dis-je? avec vous la feinte est inutile; Vous avez pénétré mes sentiments secrots. Eh bien, oui, le pouvoir a pour moi des attraits.
Sous les dehors du calme et de l'indifférence , Je cachais avec soin des vœux sans espérance ; Vous-même, Rougeval, je croyais vous tromper; Mais mon ambition n'a pu vous échapper. Condamnez ma faiblesse, elle est digne de blâme.
ROUGEVAL.
Depuis longtemps, mon cher, j'avais lu dans votre âme.
Mais quand vous vous blâmiez, moi je vous jugeais mieux.
Cet amour du pouvoir vous élève à mes yeux;
D'un cœur vraiment français il prouve la noblesse.
Non, votre ambition n'est point une faiblesse.
Un homme tel que vous, de talent et d'honneur,
Sait qu'il peut de la France assurer le bonheur;
Il a le sentiment de son propre mérite;
L'obscurité lui pèse et le repos l'irrite;
Et servir la patrie est un besoin pour lui.
Voilà l'ambition qui vous presse aujourd'hui.
M. DE VERTEUIL
Maintenant vous comprenez sans doute Que je peux des grandeurs vous aplanir la route ?
M. DE VERTEUIL
Vous?
ROUGEVAL.
Elles ne sont pas d'un difficile accès.
M. DE VERTEUIL
Ainsi donc vous voyez des chances de succès?
ROUGEVAL.
Mieux que cela.