ACTE m, SCÈNE VI
M. DK VKRTEinU
G>ininent?
ROUGCVAL.
Oui, parlons sans mystère; De nos intentions je ne dois rien vous taire : Le plus brillant destin vous est offert par nous. Et je vais librement m'expliquer avec vous. Des hommes vertueux, de tout rang, de tout âge, Qu un zèle ardent inspire et qu^un saint nœud engage. Voyant la foi proscrite et le vice honoré. Des emplois les plus hauts le méchant décoré, La vertu succombant aux efforts de Tintrigue , Veulent à ce désordre opposer une digue» Et, pour sauver TÉtat des plus affreux malheurs. Garder tous les emplois pour eux et pour les leurs. Non que Tambition trouve accès dans leur âme; Un sentiment plus pur les guide et les enflamme.... Ne m'interrompez pas; vous répondrez après. Ces hommes, dont le ciel a béni les progrès. Sachez quel est leur but, quelle est leur espérance : Ils veulent par les mœurs ivgénérer la France, Et, rangeant tous les cœurs sous leurs pieuses lois. Ramener les vertus qui brillaient autrefois. Et c'est pour seconder ce projet salutaire Que Ton veut aujourd'hui porter au Ministère Un homme sûr, usant de son autorité Dans les intérêts seuls de la société.
Et qui, lui prodiguant des preuves de son zèle. Comme il lui devra tout , fasse aussi tout pour ell«\
M. DE VERTEUIL
Qu'entends-je ? et c'est sur moi qu'on a jeté les yeux!
Moi , servir d'instrument à des ambitieux!
Vous me le proposez! Ah! quel soin vous occupe?
Vous, un homme de bien ! quoi ! vous seriez leur dupe?
Voyez mieux à quel but ils veulent parvenir;
Le passé nous apprend à juger l'avenir.
lîOUGEVAL.
Allez-vous rappeler d'anciennes calomnies ? Non, jamais leurs vertus n'en ont été ternies. Cependant expliquez....
M. DE VERTEUIL
11 n'en est pas besoin; Une explication nous conduirait trop loin. Je ne dirai qu'un mot : cette offre est une offense. La première leçon que reçut mon enfance Fut d*aimer, de servir le prince et mon pays, Et ces devoirs jamais je ne les ai trahis. Et j'irais, sans pudeur, au déclin de mon âge. De la déloyauté faire l'apprentissage!
Trafiquer de ma honte , et vendre enfin ma voix Pour enchaîner la France et renverser nos lois ! Vous m'estimez bien peu si vous l'avez pu croire. Ah ! laissez-moi penser, monsieur, pour votre gloire , Quec'est en vous trompantqu'onvousrend aujourd'hui Des gens dont vous parlez l'émissaire et l'appui.
RODGEVAL.
Mais songez cependant...
M. DE VEUTKUIL.
C*en est assez, vous dis-je.