SCÈNE IL
Madame RONSBERG, MILLER, LOUISE.
MADAME RONSBERG.
C'est VOUS, mon frère ? Eh bien, vous venez de la ville?
MILLER
Oui , ma sœur, je reviens plus calme et plus tranquille. II. 5
66 UINTRIGUE ET L'AMOUR,
Louise !... ah ! viens... ton sort... pardonne, mon enfant, Je dois te préparer au malheur qui t'attend.
LOUISF.
Que dites-vous, mon père?
MADAME RONSBERG.
ExpHquez, je vous prie....
MILLER
Le major de Waller dans trois jours se marie.
LOITISE.
Ferdinand?
MADAME RONSBERG.
Se marie? Allons, y pensez-vous?
MILLER
La comtesse d'Ostheim l'accepte pour époux.
LOnSE.
La comtesse d'Ostheim?
MADAME RONSBERG.
Se peut-il? Le perfide!
Après tant de serments, quoi ! son cœur se décide!... Mon enfant, dans quel piège il a conduit tes pas!
LOUISE
Ferdinand !... dans trois jours !... Non , ne le croyez pas.
MILLER
Ah! cesse de Dourrir des espérances vaines. Ma fille , je te plains , je prends part à tes peines ^ Mais avec fermeté supporte ton malheur : Le temps guérit l'amour et finit la douleur. Que dis-je? du major bénissons l'inconstance; Il eût au repentir livré ton existence. Quel espoir à ton cœur pouvait être permis?