ACTE 111 « SCÈNE IX
FERDINAND
La comtesse... ma foi, met vœux lui sont promis; Il pnUend inc contraindre à m*unir avec elle.
MILLFIl.
Oui, de ce mariage on m*a dit la nouvelle.
MADAME RONSBERG.
Quoi ! monsieur le major....
LOUISE
Hélas!
FERDINAND
Ah! ne crains nen; Je ne saurais former ce funeste lien.
Non, Louise; j'ai vu la comtesse elle-même, J*ai refusé sa main , elle sait que je t'aime, Elle sait que toi seule as des droits sur mon cœur, Que le ciel te créa pour moi , pour mon bonheur ; J ai dit tout, mes serments, notre espoir, ta tendresse.... Mais mon père!.... mon père! instruit par la comtesse, 11 m'a fait appeler, tout à Theure, h l'instant.... Non, jamais la fureur, le mépris insultant N*avaient jusqu'à ce point poussé leur violence ! Longtemps j'ai tout souffert , sans rompre le silence; Mais lorsqu'il s'est permis, pour vaincre mes refus, De te calomnier, d'outrager tes vertus!... Ah ! de moi-même alors je n'ai plus été maître ! Dépouillant un respect , qui me gênait peut-être , Je n'ai plus retenu mou indignation , J'ai bravé ses fureurs, sa malédiction.... Que sais-je où ui'é^ara le soin de ta défense! Enfin y désespéiT, j'ai fui de sa présence ,
J'ai couru sans dessein, sans but.... et je te voi, Sans savoir quels chemins m'onl conduit jusqu'à toi.
LOUISE
Ciel ! que viens-je d'entendre? à peine je respire. Vous, outrager un père , et braver son elnpire ! Méconnaître ses droits, son titre! Ferdinand, C'en est fait, notre amour est un crime à présent. Oui, cessons d'offenser et mon père et le vôtre : Un rêve séduisant nous trompa l'un et l'autre ; Ce jour anéantit vos serments et les miens.
FERDINAND
Quoi !...
LOUISE
Souffrez que j'achève. Oui, rompons nos liens. On prépare pour vous un plus digne hyménée ; Louise à Ferdinand n'était pas destinée: Votre père commande , il lui faut obéir. Obéissez.
FERDINAND
O ciel ! qui ? moi! moi, te trahir!... Non , tu ne le veux pas ; n'est-il pas vrai, Louise ? Tu ne peux le vouloir ! Reviens de ta surprise ; Va , ne crains pas les maux qui menacent nos jours ; Nous les adoucirons en nous aimant toujours.
LOUISE
Dieu !
MILLER
Jeune homme, du moins respectez sa souffrance; Ne flattez plus son cœur d'une vaine espérance :
ACTK m, SCÈNE IX. gA
PiHjnez pitié de nous ; j*invoque voire honneur.
Vous nous avez ravi la paix et le bonheur,
Vous avez mis le trouble au sein dénia famille,
Et flëtri sans retour lavenir de ma fille ;
Je vous pardonne tout , je puis tout supporter,
Si vous cessez enfm de nous persécuter.
Fuyez donc; h mes soins laissez votre victime.
Vos sentiments pour elle ont droit à mon estime,
Je le suis : vous vouliez, par les nœuds les pins doux,
Honorant sa vertu, Tëlever jusqu'à vous;
Son innocence enfin vous fut toujours sacrée :
Ma fille est malheureuse, et non déshonorée.
£h bien, jusques au bout montrez-vous généreux.
Vous êtes sans remords, vous pourrez être heureux.
D*un père désarmé dégagez la parole :
Qu'au moins votre bonheur quelque jour nous console.
Oubliez-nous. Ma fille est soumise à mes lois ;
Vous la voyez ici pour la dernière fois.
Oui, je dois, s'il se peut, sauver sa renommée ,
Et pour vous désonnais ma maison est fermée.
AUez, éloignes^vous.
FERDINAND
Non , j'ai reçu sa foi , Miller, il n'est plus temps, votre fille est a moi. Que dis-je? ses périls marquent ici ma place. Oui, redoutez mon père; il m'a fait la menace De recourir contre elle à d'indignes éclats. De venir jusqu'ici l'arracher de mes bras.
LOUISE
Ferdinand !
FERDINAND
Ne crains rien, je saurai te défendre.
MILLER
Ahlmafîlle!
MADAME RONSBERG.
Ecoutez! quel bruit se fait entendre?
MILLER
Voyez, voyez, ma sœur. Et vous, jeune imprudent....
MADAME RONSBERG.
Ah! nous sommes perdus!... monsieur le président!
LOUISE
Grand Dieu !
MILLER
Le président ?
FERDINAND
Mon père?
LOUISE , au major.
Ah ! qu'il obtienne Les égards, le respect....
FERDINAND
Mon père !... Eh bien, qu'il vienne!
Qu'il vienne! je l'attends.... Non, reste auprès de moi; Je brave sa vengeance , et je réponds de toi.
.: kCTE III» SCÈNE X. 87