SCENE PREMIERE
LOUISE. (Elle écrit.)
Oui, connais mes tourments, plains une infortunée!...
Il le fallait!... j'ai dû remplir ma destinée!
Le désespoir d'avance a marqué tous mes jours ;
Et pourquoi vivre encor, s'il faut souffrir toujours?
Cet horrible billet.... il le lit à cette heure!
C'en est fait!... Ferdinand! c'est sur toi que je pleure!
Quand ce récit fidèle et ces derniers adieux
Feront tomber le voile étendu sur tes yeux ,
Lorsque, attestant ma foi, ces tremblants caractères
T'auront de nos malheurs éclairci les mystères,
Oh! de quel désespoir ton cœur sera troublé !
A cette idée, hélas! mon courage ébranlé....
Non, il vaut mieux pour lui, mon cœur me le révèle ,
Me savoir au tombeau que me croire infidèle.
Achevons cette lettre, et suivons mon dessein.