‹ Œuvres dramatiquesChapitre 74 sur 346 · ACTE V, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE III

MILLER

Ah ! de votre mémoire Bannissez pour jnnrais un fatal souvenir.

Oui, vous avez raison, Miller, tout doit fmir.

MILLER

Eh bien, retirez-vous; de cette infortunée Vous avez trop longtemps troublé lu destinée : laissez-nous donc, monsieur, et, par humanité, Cessez de mettre obstacle à sa tranquillité.

FERDINAND

Tu ne dis rien, Louise.

MiLLi:n.

Ah ! veuillez me promettre....

FERDINAND

C'en est trop! parle enfin; connais-tu cette lettre?

MILLER

Vous voyez ses pleurs, vous devez Fépargner.

LOUISK, i part.

Si mon père un moment se pouvait éloigner!

FERDINAND

Non, h sa trahison je ne saurais survivre ! Mais, parle, ce billet que le hasard me livre. Réponds, est-il de toi?

LOUISE

Je ne puis le nier.

FERDINAND

Ciel ! que dis-tu?

1^ L'INTRIGUE ET L'AMOLR,

MILLER

Major!...

FERDINAND

Mais pourquoi t'effrayer?

L'innocence troublée elle-même s'accuse.

A croire un tel forfait mon âme se refuse ; Oui, cesse de me voir comme un juge irrité; Je suis calme à présent , dis-moi la vérité. N'est-ce pas, cette lettre....

LOUISE

Est de moi. Je mérite.,..

Non, te dis-je.... tais-toi.... tu ne l'as point écrite, Ce n'est pas là ta main; ces traits mal imités.... Non, ton cœur n'est pas fait pour tant de faussetés!... Prends pitié du tourment où le doute me plonge; Oui, rends-moi le bonheur, fût-ce par un mensonge; Qu'importe ? trompe-moi , j'y consens, je le veux; Dis : « Je suis innocente ; » et tu combles mes vœux.

LOUISE

Ne m'interrogez plus.

FERDINAND

Quoi! d'un pareil outrage....

^ MILLER

Non, de voir leurs tourments je n'ai plus le courage! Dans l'horreur des cachots quand je devrais périr. C'en est fait, il le faut, je vais tout découvrir.

FERDINAND

Que dites-vous ?

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