ACTE 1, SCÈMB 11. I
MADAME DORFKDIL.
Veuve crun colonel mort aux rhamps de la gloire. Madame de Rosbelle est venue à Paris Des exploits d'un ëpoux solliciter le prix. Faire valoir des droits, hélas! trop légitimes! Avec empressement ici nous Taccueil limes. Depuis un an bientôt elle habite avec nous.
ilP.NHl.
Mais enfin cette scène entre mon oncle et vous?
MADAMR DORFF.IJIL.
De notre ancienne amie Amélie est la fille; Klle a droit aux égards de toute ma famille.
HKNRI.
Sans doute ; et parmi nous qui pourrait y manquer?
MADAME DORFEUIL
Votre oncle.
nKNRI.
Lui? comment? Daignez vous expliquer.
Il Paime autant que nous, il la trouve accomplie; Ses soins....
MADAME DORFEni..
Vous allez voir. Le père d'Amélie, Le baron de Forlange, un ami de vingt ans. Officier général , et qui , depuis longtemps , Après avoir servi son pays et son prince. Vit sans ambition au fond de sa province. Vient , sans qu'on Tattendit , d'arriver à Paris.
HENRI
Ce matin; je le sais. Mécontent et surpris
Des refus qu'éprouvait madame de Rosbelle, Lui-même il vient ici solliciter pour elle.
MADAME DORFEUIL
Justement.
HENRI
Poursuivez.
MADAME DORFEUIL
Votre oncle était absent; Toutefois , j'ai pensé qu'il n'était pas décent De laisser un ami, le père d'Amélie, Prendre son logement dans une hôtellerie; J'ai forcé le baron de rester avec nous.
HENRI
Eh bien ? mon oncle....
MADAME DORFEUIL
Eh bien ! il s'est mis eu courroux; Et, foulant à ses pieds toutes les convenances, 11 a payé mes soins de cent impertinences.
HENRI
Ciel ! que me dites- vous ?
Cela n'a pas de nom ; Des propos offensants pour moi , pour le baron ; Enfin, et c'est alors que j'ai rompu la glace, Il a, le croirez-vous? osé me dire en face Que tout se fait chez lui sans son ordre formel , Et que de mendiants je remplis son hôtel.
HENRI
De mendiants?
ACTEI, SCÊMK 11. 1^5
MAIIAME DORFKUII..
Tel est SOU terme.
HF.ffRI.
CVst infUmc!
I^ père d' Amélie!
MADAME DORFKUiL.
Un parent de sa fcinine!
IIKNRI.
£t vous avez souffert qu'il osiit devant vous....
MADAME DORFEIIIL.
Mon indignation....
IIEIIRI.
Non , non , votre courroux N'a pas, eoinroe il fallait, repoussé celle injure; Et je vais à Tinstant....
MADAME DORFEDIL.
Henri, je vous conjure....
PR^VAL
Jeune homme....
MAI»AMë DORFEiriL.
Cest vous perdre.
HENRI
Ah! je veux....
MADAME DORFEUIL
Arrêtez :
jSottgtt que votre sort dépend de ses bontés.
PRÉVAL
En effet.
UEIfKI.
Insulter le père d'Amélie!
MADAME DORFEUIL
C'est votre oncle , après tout.
PRÉVAL
Allons, pas de folie.
MADAME DaRFEUIL.
Voulez-vous vous fenner son cœur et sa maison ? Faire un éclat fâcheux ?
PRÉVAL
Oui , madame a raison.
Raison? Vous condamnez la douleur que j'éprouve?
PRÉVAL
Moi?
HENRI
Vous osez blâmer....
PRÉVAL
Du tout; je vous approuve.
MADAME DORFEUIL
Comment? vous approuvez....
PRÉVAL
Non pas.
HENRI
Non pas?
PRÉVAL
Si fait.
MADAME DORFEUIL
Si fait?
PRÉVAL
Ah ! par ma foi , je m'y perds en effet.