ACTE 1, SCÈNE
Hi>;ifRi. Mon oncle, se permettre une pareille offenie!
MADAME DORFKUIL.
Eh bien , c est donc à moi de prendre m dëfensi*.
HKIIRI.
Vous, qui dans cet instant....
MADAMK DORFKUIL.
J'avais tort , j en convien ; Et votre emportement me fait rougir du mien. Oubliez , comme moi , les torts de mon beau-frère.
HENRI
Ah! ma tante! Amélie....
MADAME DORFEDir.
Oui, voilà le mystère, Voilà le vrai motif de ces emportements. Je soupçonnais déjà vos secrets sentiments ; Et malgré vous ici votre amour se révèle.
HENRI
Oui , j*aime, je chéris madame de Rosbelle;
Je ne m'en cache pas , j'ose le déclarer.
Eh! qui peut la connaître et ne pas Tadorer?
En elle, on le sait trop, tout séduit, tout enchante.
Ses talents, ses attraits , cette grâce touchante !
Oui, depuis qu'en ces lieux je suis l'heureux témoin...
Que dis- je ? mon amour date encor de plus loin !
Vous vous en souvenez , de sa correspondance
Souvent votre amitié me faisait confidence....
Ah ! ces écrits charmants , ces entretiens si doux
Où sa plume causait librement avec vous.
Ce style ravissant, simple avec élégance,
Tant de naïveté, jointe à tant d'éloquence,
De ses expressions le charme, le bonheur,
Ces mots qu'on cherche en vain et qui partent du cœur.
Tout enivrait mes sens, et préparait mon Ame
Au sentiment vainqueur qui pour jamais l'enflamme;
Et lorsqu'en ce séjour Amélie a paru,
Au-devant de ses fers aussitôt j'ai couru.
Non, d'un amour plus vrai nul mortel n'est capable.
MADAME DORFEUIL
Et c'est là ce qui rend votre oncle si coupable. En effet, un amant doit pour l'objet chéri....
HENRI
Ma tante, pouvez-vous....
MADAME DORFEUIL
Écoutez-moi, Henri :
Jugez sans passion un oncle qui vous aime. Oui, tout à l'heure ici vous le disiez vous-même, Il est bon, bienfaisant, ses parents ont en lui Un ami véritable, un généreux appui.
Mais enfin ici- bas chacun a ses faiblesses. Entouré de flatteurs qu'attirent ses richesses , Dupré, banquier fameux, vivant avec éclat, • Se croit au moins l'égal des premiers de l'État ; Toute distinction l'importune et l'irrite ; A ses yeux la fortune est le premier mérite ; Du rang, des dignités, il ne fait aucun cas. Et ne saurait souffrir les titres qu'il n'a pas. Tel est son caractère. Il n'est donc pas étrange , Quand j'établis chez lui le baron de Forlange, Qu'à ce nom de baron , qui choque son orgueil ,