SCENE III
Madame DORFEUIL, CHARLES DUPRÉ, HENRI, PRÉVAL.
CHARLES , derrière le théâtre.
Le sot !
MADAME DORFEUIL
Quel est ce bruit ?
CHARLES, de même.
Allons, pas de réponse.
HENRI
c'est mon cousin.
MADAME DORFEUIL
Lui-même; et ce fracas Tannonce.
PRÉVAL, à part, en sortant.
Gourons chez le libraire.
ACTK I, SCENE III. 161
CHARLKft, d«aiéaM.
Oui, c'est mon tilbury Que j avais demande.
MADAME nORPRUlL.
Mais j'y pense, Henri, Il est votre rival ; madame de Hosbelle A fixé son cœur.
Bon! il court de belle en belle:
Le caprice du jour dirige ses penchants.
CHARLES, entrant en scène.
L'imbëcilc! un coupe pour allor à Longchamps! 4b ! vous voilà , ma tante ?
MADAME DORFEUIL
Hë, bon Dieu, quel tapage!
CHARLES
Ce n'est rien; des valets dont le sot bavardage.... Vous avez un chapeau ravissant sur ma foi.
MADAME DORFEUIL
Tête folle!
CHARLES, à Henri.
Bonjour, avocat.
MADAME DORFEUIL
Dites-moi , Et mes commissions? Vous avez , je Tespère....
CHARLES
Oui.... demain. A propos, avez-vous vu mon père? Je le cherche partout; où diable est*il fourré? II. 11
MADAME DORFEUIL
(A part.) Si je Fai vu ? Que trop !
CHARLES
On le disait rentré.
11 vient de ressortir.
CHARLES
Justement! il m'évite!
Il aura, j'en suis sûr, pressenti ma visite; Il aura deviné qu'il me faut de l'argent.
MADAME DORFEUIL
Quoi ! toujours....
CHARLES
Je suis loin, certes, d'être exigeant:
Oh! je sais me borner quand la raison l'ordonne; Mais je ne peux pas vivre avec ce qu'il me donne.
HENRI
Trois mille francs par mois , et demeurant chez lui.
CHARLES
Que veux-tu? les plaisirs sont si chers aujourd'hui. D'ailleurs mon père est riche, et je suis fils unique: Il a des millions; dès lors il est inique De ne pas largement pourvoir à itios besoins.
HENRI
Mon oncle te chérit; et nous sommes témoins....
CHARLES
D'accord. A mon égard il est trop économe.
Je le gronde parfois; mais c'est im fort bravo homme.