‹ Œuvres dramatiquesChapitre 90 sur 346 · PRE VAL, MADAME DE ROSBELLE · texte numérisé non relu

PRE VAL, MADAME DE ROSBELLE

MADAME DE ROSBELLE.

Eh bien?

PRÉVAL

J'ai vu votre libraire.

MADAME DE ROSBELLE.

Eiiverra-l-il?

PREVAL.

Lui-même il marche sur mes pas.

MADAME DE ROSBELLE.

Monsieur Rolin?

PRÉVAL

Sans doute.

Ociel!

PRÉVAL

Ne craignez pas; De sa discrétion vous avez eu des preuves. Il vient vous apporter les dernières épreuves.

MADAME DE ROSBELLE.

Si quelqu'un le rencontre?

PRÉVAL

Alors, tout est prévu; A tout événement ma prudence a pourvu : J'ai d'avance à Rolin prescrit ce qu'il doit faire. C'est à moi seul ici qu'il doit avoir affaire.

ACTK I, SCRNK VII. 176

Moi qu*il va demander, moi qui le recevrai; Enfin , dans tout ceci , moi seul je paraîtrai.

MAn\MF. I)K RO.SRKIJ.K.

Tant de précautions accusent ma folie!

Pour tromper mes ennuis et ma mélancolie. Ma plume me prétait un secours bienfaiteur : N*était-ce point assez? Mais devenir auteur! Mais me fainî imprimer! c'est une inconséquence.... Oui, je mo la reproche!

PRÊVAL.

Allons donc, quelle enfance !

MADAME DE ROSBELLF..

Oh! j'ai tort, je le sens, je ne puis m'ahuser.

En ce cas, c*est moi seul qu'il faudrait accuser. Vous m*avouez un jour que, triste et solitaire. Au fond du Vivarais, cherchant à vous distraire , En forme de roman vous aviez rédigé Les détails d'un procès nouvellement jugé. Vous me le confiez, je le lis!.... Mon suffrage Ne prouvait rien sans doute en faveur de l'ouvrage ; Mais deux ou ti*ois amis sont de mon sentiment; Rolin,à la lecture, est dans l'enchantement; Et dans l'enthousiasme enfin qui le transporte. Il en offre, comptant, une somme assez forte. Vous êtes sans fortune , et Paris est coûteux. Votre embarras présent , votre avenir douteux. Aux oHres de Kolin me font prêter l'oreille. Et de les accepter cest moi qui vous conseille ; D'autant qu'il garantit le plus profond secret.

Vous suivez mon avis; votre ouvrage paraît; Le succès qu'il obtient passe votre espérance; Les salons, les journaux, Paris, toute la France, D'une Cottin nouvelle admirent les accents; Et vous , incognito, vous savourez l'encens. Ainsi dans ce parti, que la raison approuve, La gloire, le profit, à la fois tout se trouve; Vous ne devez qu'à vous un bien-être plus grand.... Et je ne vois rien là de si désespérant.

MADAME DE ROSBELLE.

Oui, ma première faute est peut-être excusable; Mais la seconde! Allons, je suis impardonnable D'avoir repris la plume.

PRÉVAL

Eh ! pourquoi , s'il vous plaît ?

Vous obtiendrez encore un triomphe complet. Vous n'avez aucun tort, aucun : il est, vous dis-je. Des dépenses ici que votre rang exige; D'autres dont votre cœur vous a fait un devoir; Et le nouveau roman pouvait seul y pourvoir.

A votre opinion il faut que je me rende.

Mais l'indulgence en vous n'est-elle pas trop grande?

Votre faible s'étend à toute la maison ,

Et je vois qu'avec vous tout le monde a raison.

Excusez ma franchise.

PRÉVAL

Oh! j'en conviens moi-même; Je suis approbateur par goût et par système. Je suis garçon , je n'ai ni neveux, ni parents,

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