PRE VAL, MADAME DE ROSBELLE
MADAME DE ROSBELLE.
Eh bien?
PRÉVAL
J'ai vu votre libraire.
MADAME DE ROSBELLE.
Eiiverra-l-il?
PREVAL.
Lui-même il marche sur mes pas.
MADAME DE ROSBELLE.
Monsieur Rolin?
PRÉVAL
Sans doute.
Ociel!
PRÉVAL
Ne craignez pas; De sa discrétion vous avez eu des preuves. Il vient vous apporter les dernières épreuves.
MADAME DE ROSBELLE.
Si quelqu'un le rencontre?
PRÉVAL
Alors, tout est prévu; A tout événement ma prudence a pourvu : J'ai d'avance à Rolin prescrit ce qu'il doit faire. C'est à moi seul ici qu'il doit avoir affaire.
ACTK I, SCRNK VII. 176
Moi qu*il va demander, moi qui le recevrai; Enfin , dans tout ceci , moi seul je paraîtrai.
MAn\MF. I)K RO.SRKIJ.K.
Tant de précautions accusent ma folie!
Pour tromper mes ennuis et ma mélancolie. Ma plume me prétait un secours bienfaiteur : N*était-ce point assez? Mais devenir auteur! Mais me fainî imprimer! c'est une inconséquence.... Oui, je mo la reproche!
PRÊVAL.
Allons donc, quelle enfance !
MADAME DE ROSBELLF..
Oh! j'ai tort, je le sens, je ne puis m'ahuser.
En ce cas, c*est moi seul qu'il faudrait accuser. Vous m*avouez un jour que, triste et solitaire. Au fond du Vivarais, cherchant à vous distraire , En forme de roman vous aviez rédigé Les détails d'un procès nouvellement jugé. Vous me le confiez, je le lis!.... Mon suffrage Ne prouvait rien sans doute en faveur de l'ouvrage ; Mais deux ou ti*ois amis sont de mon sentiment; Rolin,à la lecture, est dans l'enchantement; Et dans l'enthousiasme enfin qui le transporte. Il en offre, comptant, une somme assez forte. Vous êtes sans fortune , et Paris est coûteux. Votre embarras présent , votre avenir douteux. Aux oHres de Kolin me font prêter l'oreille. Et de les accepter cest moi qui vous conseille ; D'autant qu'il garantit le plus profond secret.
Vous suivez mon avis; votre ouvrage paraît; Le succès qu'il obtient passe votre espérance; Les salons, les journaux, Paris, toute la France, D'une Cottin nouvelle admirent les accents; Et vous , incognito, vous savourez l'encens. Ainsi dans ce parti, que la raison approuve, La gloire, le profit, à la fois tout se trouve; Vous ne devez qu'à vous un bien-être plus grand.... Et je ne vois rien là de si désespérant.
MADAME DE ROSBELLE.
Oui, ma première faute est peut-être excusable; Mais la seconde! Allons, je suis impardonnable D'avoir repris la plume.
PRÉVAL
Eh ! pourquoi , s'il vous plaît ?
Vous obtiendrez encore un triomphe complet. Vous n'avez aucun tort, aucun : il est, vous dis-je. Des dépenses ici que votre rang exige; D'autres dont votre cœur vous a fait un devoir; Et le nouveau roman pouvait seul y pourvoir.
A votre opinion il faut que je me rende.
Mais l'indulgence en vous n'est-elle pas trop grande?
Votre faible s'étend à toute la maison ,
Et je vois qu'avec vous tout le monde a raison.
Excusez ma franchise.
PRÉVAL
Oh! j'en conviens moi-même; Je suis approbateur par goût et par système. Je suis garçon , je n'ai ni neveux, ni parents,