ACTE 11, SCtfiE
t*ReVAL.
Oui , Boileaii dit que, parmi les belles, Jamais Surintindant ne trouva de cmelies.
Et Boiieau dit fort bien.
PRÉVAL
Ces imputations Souffrent , vous Ta vouerez, quelques exceptions?
DIIPRF.
Bail!
PRKVAL.
Far exemple, ici, madame de Rosbelle....
OUPRÉ.
Est charmante ! oui, Prëval ! oui, j'aime à parler d'elle. Mais convenez aussi qu'on n'a pas plus d'attraits; L'esprit, le sentiment, animent tous ses traits; On ne peut de sang-froid ni la voir, ni l'entendre. Au sort le plus brillant elle a droit de prétendre; Et je ne sais personne, à la ville, à la cour. Qui ne dût s'honorer d'obtenir son amour.
PRÉVAL
Je lui rends, comme vous, une justice entière. Elle est parfaite.
OUPRÉ.
Moi , je la crois un peu (ière.
PRliVAL.
Peut-être bien un peu.
nupRÉ.
Dites-moi franchement , Soupçonnez-vous son cœur de quelque attachement?
PRÉVAL
Ma foi....
DIIPRÉ.
Non , n'est-ce pas ?
PRjéVAL. '
Mais je ne puis connaître....
Non, non, il n'en est rien; cela ne saurait être. Nul de ses soupirants n'a pu l'intéresser.
PREVAL.
Et son prochain départ va l'en débarrasser.
nuPRÉ.
Son départ?
PRÉVAL
Son départ.
DUPRÉ
Eh quoi ! nous quitte-t-elle ?
PRÉVAL
Je le suppose, au moins.
DUPRÉ
Madame de Rosbelle ?
PRÉVAL
Elle-même.
DUPRÉ
En ces lieux je prétends l'arrêter.
Au fond d'une province elle irait végéter! A de fades plaisirs abandonner son âme ! Sa place est parmi nous y et Paris la réclame ; Paris, centre du goût et de l'urbanité , Est l'unique séjour digne de la beauté.