I.UOWIGH
Bien dit, mère, bien dit. Vous êtes douce et bonne, Je le vois, et je sais qu'en de plus heureux jours Jamais personne en vain n'implora vos secours. Comme la main du ciel vous versiez l'abondance. Et les pauvres en vous avaient leur providence.
BERTHE
Oui, j'avais pitié d'eux, et nul n'en a pour nous.
HUBERT, àLudwlgh.
Que nous fûmes heureux, comment le savez- vous ?
LVDWIGH.
C'est que je me souviens, dans mes jeunes années, Que l'on citait, parmi les maisons fortunées, La ferme de Schwarbach.
HUBh'RT, brusquement.
Au diable le passé!
Rt buvons. Le bonheur est comme un vin versé. Quand il est bu, bonsoir.
LUDWIGU.
Mais vous aviez, je pense,
Un ûls. Ce fils pourrait... Vous gardez le silence, Mère!..
BERTHK.
Hélas ! il est mort.
HUBERT
Mort! et vous ferez bien , Sur de pareils sujets de ne plus dire rien, Mon hôte. C'est gâter tout le plaisir qu'on donne. Quand de pareils sujets un repas s'assaisonne.
LUDWIGH.
Soit... je veux de ceci vous couper un morceau. Mère, n'auriez- vous pas ici quelque couteau?
BERTHE, à Hubert.
Le tien.
IIUBEKÏ.
Le mien... je l'ai perdu, je crois, en route; Donne l'autre.
BERTIIE, montrant le grand couteau.
Lequel?., le grand couteau?
HUBERT
Sans doute ,
BERTHE
Jamais, sans un frisson, je n'ose le toucher.
HUBERT
Balh ! bath ! laisse ta crainte et va nous le chercher. (Berthe va décrocher le couteau et ledonncà Ludwigh, ([ui le regarde avec épouvante.) HUBERT, étonné.
Comme voire regard sur ce couteau s'attache !
BERTHE
Qu'avez-vous donc. Monsieur?
i.rDWiGn, avec effroi.
Oh ! la tache! la tache !
Mère, n'en avez-vous d'autre que celui-ci ?