‹ Œuvres dramatiques de Camille BernayChapitre 102 sur 391 · I.UOWIGH · texte numérisé non relu

I.UOWIGH

Bien dit, mère, bien dit. Vous êtes douce et bonne, Je le vois, et je sais qu'en de plus heureux jours Jamais personne en vain n'implora vos secours. Comme la main du ciel vous versiez l'abondance. Et les pauvres en vous avaient leur providence.

BERTHE

Oui, j'avais pitié d'eux, et nul n'en a pour nous.

HUBERT, àLudwlgh.

Que nous fûmes heureux, comment le savez- vous ?

LVDWIGH.

C'est que je me souviens, dans mes jeunes années, Que l'on citait, parmi les maisons fortunées, La ferme de Schwarbach.

HUBh'RT, brusquement.

Au diable le passé!

Rt buvons. Le bonheur est comme un vin versé. Quand il est bu, bonsoir.

LUDWIGU.

Mais vous aviez, je pense,

Un ûls. Ce fils pourrait... Vous gardez le silence, Mère!..

BERTHK.

Hélas ! il est mort.

HUBERT

Mort! et vous ferez bien , Sur de pareils sujets de ne plus dire rien, Mon hôte. C'est gâter tout le plaisir qu'on donne. Quand de pareils sujets un repas s'assaisonne.

LUDWIGH.

Soit... je veux de ceci vous couper un morceau. Mère, n'auriez- vous pas ici quelque couteau?

BERTHE, à Hubert.

Le tien.

IIUBEKÏ.

Le mien... je l'ai perdu, je crois, en route; Donne l'autre.

BERTIIE, montrant le grand couteau.

Lequel?., le grand couteau?

HUBERT

Sans doute ,

BERTHE

Jamais, sans un frisson, je n'ose le toucher.

HUBERT

Balh ! bath ! laisse ta crainte et va nous le chercher. (Berthe va décrocher le couteau et ledonncà Ludwigh, ([ui le regarde avec épouvante.) HUBERT, étonné.

Comme voire regard sur ce couteau s'attache !

BERTHE

Qu'avez-vous donc. Monsieur?

i.rDWiGn, avec effroi.

Oh ! la tache! la tache !

Mère, n'en avez-vous d'autre que celui-ci ?

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