SCÈNE
HKinilE.
Non.
HUUEnT.
Pourquoi donc?
LUDWIGII, montrant le couteau.
Ce san{î...
HUBERT
Vous devinez ceci !
LUUWIGU, se reculant.
La couleur.
HUBERT, avec méfiance.
Je ne sais qui vous êtes, mon niaîlie; Mais vous me paraissez tout savoir, tout connaître. C'est de quoi s'étonner... Avec vos questions , Vos discours ambigus, vos insinuations, Vos yeux baissés sitôt qu'on vous regarde en face. Et môme votre habit, v.Jtre couteau de ciiasse, Vos pistolets ainsi pendus au ceinturon. Vous m'avez l'air d'un fort étrange compagnon ; Presqu'un demi-sorcier, prc'sque un chasseur sauvage.
LUUWIGU.
Ah ! mou père.
BERTHE
Le vin lui souille ce langage; Monsieur, n'écoutez pas.
(La tétc d'Hubert commence à se monter.)
HUBERT
Tais-toi, femme, tais-toi.
Je te dis que Je sais ce que j'en pense, moi.
fBuvant.) Non, certes, nos glaciers, la nuit ne reflraient guère.
LUDWIGH.
J'ai bravé des périls plus grands, j'ai fait la guerre.
HUBERr.
La guerre, dites-vous?.. Ah! vous fûtes soldat!
12IS LE VINGT-QUATUt; FÉVRIER.
Eh bien ! alors, trinquons et parlons de combat. J'étais, moi, dans mon temps, un joyeux militaire.
i.uDwicn.
Vraiment! et maintenant, vous voir dans la misère, Un brave !.. votre éiat me touche au dernier point. Mais comment cela vint? je ne le comprends point.
nu B EUT, buvant.
Eh bien ! vous me semblez un homme de courage; Et conter ses chagrins, dit-on, cela soulage. Vous saurez tout; d'autant que, déjà, sur ma foi, Vous m'avez J'air de tout savoir autant que moi.
LtJDWIGH.
Et, comment? —Votre père était dans l'opulence, Et vous dut, en mourant, laisser ses biens, ie pense.
HUBERT
Mon père!., plût à Dieu que, dans la pauvreté. Il m'eût laissé béni !.. tout en eût mieux été. La malédiction est un rude héritage.
LUDWlcn, à part.
Ah! c'est trop vrai!..
HUBERT
Mon père était d'un sang sauvage, Et je tenais de lui, trop malheureusement. Quand je revins, ayant quitté le régiment, 11 me reçut fort bien, que Dieu l'en récompense ! Mais, voilà, sans au moins m'en prévenir d'avance. Qu'il veut me marier!., il avait disposé De moi sans me le dire... Instruit, je refusai; II cria, menaça, le tout en pure perte : Mon cœur me reportait incessamment vers Berthe.
BERTHE
Pour ton malheur!
HUBERT
Et moi, sans le consentement Du vieillard, j'épousai Berthe secrèlcmont. Jugez de sa fureur, sachant ce mariage ;