‹ Œuvres dramatiques de Camille BernayChapitre 112 sur 391 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

Là-bas! — le bras tendu...

BERTHE

Qui?

HUBERT

Lui!

BERTHE

Que veux-tu diie.^

HUBERT

Lui , te dis-je , le bras tendu pour me maudire , Mort , avec son œil terne !

BERTHE

Où donc?

(Elle fait un pas et entr'ouvre la porte en frissonnant , comme pour voir; Hubert la retire à lui avec une affreuse (erreur , l'entourant de ses bras.)

HUBERT

Non , reste là ; Reste, tout près de moi , — plus près , — comme cela. Le voici qui s'avance, à présent!.. Moi, le suivre, Vieillard ? je ne veux pas... Loin... je vis, je veux vivre.

(Il recule vers le lit de Ludwigb et y tombe.) LUDWIGH , se réveillant en sursaut, se levant à demi et saisissant Hubert au collet.

Quel bruit! qu'est-ce? On m'étouffe!. .A l'aide ! à l'aide!. HUBERT, cherchant à se débarrasser.

Quoi!

En es-tu donc aussi? bandit, voila pourtui!

(Il le frappe.)

LUDWIGH , retombant sur sa couche.

0 Dieu ! mol, voire fils... vous me tuez , mon père !

HUBERT , se relève lentement.

Mon fds ! dit-il ! mon fils !

(Berthe s'est relevée et s'est traînée jusqu'à Ludwigli ; elle lui prend la tête entre ses deux mains pour le rcconnaltrc.1

LUDWIGH, à Berlhe, qui le considère.

Oh ! ma mère ! ma mère !

Adieu! car tout est dit!

UERTIIE.

Il a la faulx au bras...

Assassin de mon fils , tu ne m'égorge pas ! Mol, sa mère !..

HUBERT, regardant sa main qui est pleine de sang.

Oh ! ma main ! c'est ma main qui lui donne La mort!., je suis damné !..

LUDWIGH , se soulevant avec un dernier efîort.

Le vieillard vous pardonne...

HUBERT, tombe à genoux devant lui et pleure. Et tu pardonnes ?

LUUWIGH.

Oui.

HUBERT

Mais, pardonne-t-il , Dieu?

LUDWIGH.

Sa grâce est éternelle.

HUBERT

Ainsi soit-il!

LUDWIGH , expirant.

Adieu !

BERTHE

Mort ! ! !

HUBERT, après un long silence, et solennellement.

Oui , sa tâche est faite ; à présent, à la mienne ! Le vingt-quatre a passé sur moi... ma vie est pleine ; Le père et les enfans m'attendent au tombeau. Demain , j'irai porter cette tête au bourreau , Et qu'alors la bonté, mon Dieu, soit mon refuge ! J'ai péché... j'ai souffert... que ta bonté méjuge!

FIN DU VINGT-QUATRE lÉVRIER.

UN

ou

Lk SOIRÉE DES DliPES,

rOMf'Dlli l \ I \ M Aï:.

PERSONNAGES

BARRAS, directeur.

BLOIN, banquier.

PETIT-PONT , maître d'hôtel de Barras.

BRION, incroyable.

SANCY, officier.

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