‹ Œuvres dramatiques de Camille BernayChapitre 111 sur 391 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

nUltERT.

Voler!., mais ce n'est pas un vol ; non , sur mon âme ! Ge n'est rien qu'un emprunt, te dis-je... un simple prêt, De l'or... qu'avec le temps , plus tard , on lui rendrait... Lin emprunt, rien de plus...

BERTUE.

Tais-toi , c'est effroyable.

Ah! c'est être, Seigneur, aussi, bien misérable! Inrâme ou mort...

(Hul)ert, après un moment d'hésitation, prend la lampe pour se diriger vers le cabinet.)

BERTHE , s'atlacliant à lui.

Non , non , — jamais ! - tu n'iras pas.

rirai, mon sort le veut... j'irai...

BERTHE , se suspendant à lui.

Fais un seul pas...

Et je l'éveille!..

HUBERT, l'entraînant.

Berthe !

BERTHE , à voix basse , pleurant.

Oh ! demeure ! demeure !

HUBERT

Laisse! nous lui rendrons!.. IVfinuit! une bonne heure!

BERTUe.

Hubert! Hubert!

HUBERT , heurtant du pied le couteau , et le ramassant.

Ah! ah! c'est toi, vieux compagnon!

Viens avec moi.

BERTHE

Grand Dieu ! tu ne veux pas , oh ! non , Pourquoi saisir ainsi ce couteau ?

HUBERT

Sois tranquille :

Précaution. — Cela peut toujours être utile.

BERTHE

Toujours fatal , plutôt !

(Hubert entraîne Berthe, qui tremble, dans la chambre.) BERTHK, se débattant pour ne pas entrer. • Ah ! sortons!

HUBERT , la retenant toujours.

Comme il dort !

Vois-tu? profondément.

BERTHE , avec horreur.

C'est comme un homme mort; Viens !

HUBERT

Sa ceinture est là. — Faut-il ?

BERTHE

Oh! non.

HUBERT

Sans doute , Cela répugne. Au fait , — ce n'est pas bien. Ecoute , Si nous laissions cela?., que t'en semble?

BERTHE

Ah ! c'est Dieu Qui t'inspire.

(Dans ce moment, le coucou sonne minuit ; tous deux s'arrêtent comme cloués à la même place; ils écoutent.) HUBERT, d'une voix sourde et en frissonnant. Minuit!

BERTHE

Viens.

HUBERT, ouvre la porte et la repousse épouvanté.

BERTHE

Quoi ?

HUBERT

Lui ! tout bleu !

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