‹ Œuvres dramatiques de Camille BernayChapitre 141 sur 391 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

CHLOTAIRE, CHILDEBERT, Al\CADIUS, Soldats de Chlotaire.

CHLOTAIRE, à Arcadius.

Ne crains rien. —

(Aux soldats.) Vous, sortez. —

(Arcadius sort avec les soldats. Clilotaire allant vers Childebert, et lui mettant la main sur l'épaule.)

Gloire au grand saint Martin !

L'événement, mon frère, est maintenant certain. —

CHILDEBERT

Ah ! — je vous attendais.

CHLOTAIRE.

Eb bien ! on nous les livre.

CHILDERERT.

Oui.—

CHLOTAIRE.

Nos jeunes vautours n'ont plus long-temps à vivre.

CHILDEBERT

A vivre!

CHLOTAIRE.

Tout va bien. Les leudes sont pour nous ; Lesévéques, gagnés; ainsi... mais, (ju'avoz-vous? Vous semblcz inquiet.

CHILDEBERT

Et je le suis. —Clilotaire, Avez-vous bien pesé ce que nous allons faire?

CHLOTAIRE.

Sans doute. — A quel propos ce discours, Childebert?

ieo CHLOTAIHE I.

CHil.Ur.BEUT.

Kcoulez : je vous veux parler à cœur ouvert.

A vos yeux, je le sais, ceci peut sembler lâche;

Mais, enfin, je répugne à cette horrible tâche.

Me vous emportez pas, car le mot en est dit;

Ce que nous concertions est un acte maudit.

Et, pour conclure tout, je ne veux pas, mon frère,

Perdre mon tnmc au ciel, pour un de plus sur terre.

CHLOTAIRE.

Vraiment! — Et c'est, alors, pour lui dire ceci, Que Childebert a fait venir Chlotaire ici?

CniLDEBEUT.

Mon Dieu ! — vous avez bien quelque sujet de plainte. Mais quoi? si dans le mal j'entrai d'abord sans crainte. C'est qu'alors, l'œil tourné vers son ambition, L'homme, tendant au but, ne voit pas l'action. Approche-t-il pourtant? faut-il que, de la tête, La chose passe aux mains? Soudain, l'homme s'arrête. 11 ne songeait qu'au sceptre, il trouve le forfait; Et souvent il recule , et c'est ce que j'ai fait.

CHLOTAIRE.

Ce que vous avez fait ! — C'est un peu tard s'y prendre, On mesure sa force avant que d'entreprendre.

CHILDEBERT

Est-il jamais trop tard pour s'eflrayer du mal ?

CHLOTAIRE.

Le mal, c'est de manquer à son serment royal.

Ecoutez. — Ai-je en moi de ces pitiés? non, certe.

Et pourtant, de nous deux, lequel trama leur perte ?

Vous. — .le n'y songeais pas. — Vous m'avez appelé ;

Je vins. Or, maintenant qu'à vos projets mêlé,

Pour les mener à bien j'aplanis toute chose.

Un beau remords vous prend, et vous dites : Je n'ose!

Et, lorsque j'ai si loin mis le pied, ce sera

Pour reculer ainsi! Chlotaire poursuivra.

Reste en chemin qui veut ! Sans l'appui de personne.

J'enjamberai leurs corps pour saisir leur couronne.

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