‹ Œuvres dramatiques de Camille BernayChapitre 147 sur 391 · ACTE 1 , SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE 1 , SCÈNE V

C'est moi qui, sur tous trois, veillai jusqu'à ce jour ; Qui leur fis, ù tous trois, un nid de mon amour; Qui, de mes tendres soins, couvai leur frêle enfance ; Et, lorsque loin de moi, lorsque aiglons sans défense, Ils vont vers ces hauteurs d'où j'ai vu soixante ans Choir tant d'aigles, qu'en bas jetaient les ouragans, Je ne craindrais pas, moi, vieille reine éprouvée. De voir sur tel sommet leur faiblesse élevée Sur un trône! Ah! si l'homme en peut tomber parfois, La crainte est bien permise avec trois enfans rois.

BATHILDE

S'ils étaient sans appui.— Mais, vos fils, deux grands princes. Leurs oncles, sauront bien contenir leurs provinces. Sur le trône ils sauront comment les aU'ermir.

CBLOTILDE.

Us sont nés rois, d'ailleurs, nés de mon Chlodomir; Et Dieu garde les rois. — Que, de ses mains puissantes , Il préserve, mes fils, vos tètes innocentes ! Régnez. — Puisque, sur vous, Dieu mit la majesté. Qu'il la maintienne! — Ainsi parle ma dignité. Lorsque reine je songe h votre illustre race; Mais, c'est la pauvre aïeule ici qui vous embrasse , Vous, qu'il me faut quitter.

CIILODOÂLD.

Toi, grand'mère, et pourquoi ?

CULOTILDE.

Ecoutez, mes enfans. Votre père était roi ; C'était un fort guerrier qui ne craignait personne. Il est mort. — C'est à vous qu'appartient sa couronne, A vous qu'on va conduire où régnaient vos aïeux.

TUÊODËUALD.

J'aurai donc des soldats ?

niLOTILDE.

Sans doute.

riIÉODEBALD.

Ob! bien ! tant m ieu\

186 CHLOTAIRE I.

Je veux me buitre aussi.

CBLOTILDE, àBathilde.

C'est déjà tout son père î

Vois donc.

(a Gonihaire, le plus petit des trois.) Et toi ?

GONTHÂIRE, prenant Théodebald par la main.

Partout, moi, je suivrai mon frère.

CHLOTILDE.

Pauvre ange! —Et Clilodoald ne me dira-t-ii rien?

CULODOALD.

Vous m'avez enseigné, grand'mère, qu'un chrétien Doit prier pour ceux-là que le bon Dieu rappelle. Je prierai pour mon père.

CHLOTILDE.

O sagesse éternelle!

Tu le vois, ils sont nés pour être tes élus. Prolcge-les, Dieu juste ! —

(A sesenfans, voyant de loin venir Clilotaire.)

Et tenez, je n'ai plus Qu'un seul instant, un seul ! Voici venir Clilotaire. Encore une caresse, 6 mes fils, la dernière.

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