‹ Œuvres dramatiques de Camille BernayChapitre 158 sur 391 · ACTE II, SCÈNE · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE

(Au Messager.)

Mille reniera mens, ami, pour ton message. Je compte bien, plus tard, m'acquitter davantiige.

(Le faisant sortir par la petite porte.)

Pour rinstant, va m'attendre où tu sais.

(Api es avoir rabattu la tapisserie, il s'avance sur le devant de la scène. )

Quanta toi, Ghlotaire, si gratis, comme un sot, sur la fol De trois ou quatre mots, promesse mensongère , On s'est trop empressé de t'abréger ton frère , Du moins, pour me payer sur Chramne. avant un mois Je veux qu'il se révolte une seconde fois ; Lui, ton fils ! Ce sera, Cblotaire, ma vengeance. — Eh ! quoi donc! attelé vingt ans à ta puissance. De toi je n'aurais eu, pour cet âpre labour. Que ce qu'on donne au bœuf, le fourrage du jour I Soit. — Aussi bien, crois-m'en; si, ton joug sur ma tête, Moi, l'esclave romain, parqué dans la conquête. Moi, le vaincu honni, méprisé, spolié.

Eh bien! à tes forfaits, pendant vingt ans lié , Si naguère, avec toi, j'ai médité, Ghlotaire, La mort de tes neveux, tes neveux, que ta mère Gémissante a bientôt suivis dans le tombeau ; Si, plus tard, sous l'épée ou bien sous le couteau. Tant d'autres chefs sont morts, tous par mon entremise ; Si, maintenant, enfin, Ghildcbcrt agonise. Si j'ai fait tout cela, va, ce n'a pas été Pour ta seule grandeur ; mais, par elle abrité. C'est qu'alors te servir c'était servir ma haine. Car ces rois francs, tandis qu'à leurs pieds je me traîne , J'adore leurs alfronts. Oui; mais, en attendant. Je (latte leur instinct rapacc, et les perdant Tous l'un par l'autre ainsi, tour-à-tour, sans relâche. Dans ce cirque terrible où ma haine les lâche. Pendant que sous mes yeux tous ces maîtres maudits Vont s'entre-dévorant , grâce à moi, je me dis : Bien, Romain ! et plus fier, alors, dans l'esclavage.

202 CHLOTAIRE I.

Joyeux, je bats des mains devant ce long carnage!

(Dans ce moment on frappe à la porte du fond.) Mais, qui frappe ? Ah! je sais ; ce moine, — un saint, dit-on. Un saint! quelque jongleur de céleste pardon.

(Il va ouvrir.)

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