SCÈNE X
LOYS, RICHARD DE BEAUJEU, sombre et lugubre. —Il s'avance enveloppé dans sou manteau, sans voir Loys.
uiCilAnD, avec une soudaine résolution.
C'en est lait. — Lune , adieu. —So\ei sur moi, ténèbres !
LOYS, à part.
Sombre début!
RICHAllD.
La mort, — doit-on s'en effrayer, Lorsque l'on souffre? — Allons de ce pas nous noyer.
(Il se dirige vers la mer.} LOYS, le suivant.
Hein! que dit-il? fort bien qu'on cause avec la lune ; Mais...
RICHAl\D , un pied sur le bord.
Finirai-je, 6 mer! une vie importune?
LOYS, le prenant par le bras et l'arrêtant. Eh! que nenni ! — Pardon, si l'on vous interrompt; Mais, à faire un tel saut, vous me semblez bien prompt. Diable! — on a toujours temps de quitter celte vie ! Avez-vous de mourir une si forte envie, Qu'avant nous n'en puissions deviser quelque peu ? RICHA.RD, surpris.
Je connais cette voix.
LOYS, regardant de plus près, et s'inclinant avec un grand salut.
Ah! sire de Bcaujeu!
Quoi ! c'est vous qui voulez, courant devant nature, Aller devers Pluton voir la noble figure Qu'y font vos bons aïeux! vous, Monseigneur!
RICHARD, visiblement contrarié, et revenant sur le bord de la scène.
Oui, moi,
LOYS
Vous noyer !
RICDARD.
Me noyer.
LOYS
Là, bien vrai ? — Moi , Je croi Qu'au fond vous n'aviez point grand désir de le faire. Va qu'en fait vous noyer n'était pas votre affaire.
RICHARD, soupirant profondOnicnt.
Ah! Loys!