S rilLOTAIRE I
CllRAMNE.
Parle-s-en à coiixlà qui sont morts !
A ceux, depuis vingt ans, couchés sous celte terre ! A ses neveux! aux fils de Chlodomir, son frère! Que peux-tu maintenant invoquer? —
HALDA.
Nos en fans; Oui, Cluamne, si tu veux qu'un jour, devenus grands. D'après ta vie, enfin , ils honorent leur père !
CnRAMi\E.
Pour avoir, n'est-repas, laissé tuer leur mère? Va, n'ajoute plus rien. Car, je dis, après tout, Tant que dans sa vigueur Chramne sera debout, Le devoir, à mes yeux, le plus saint et suprême , Est de faire d'abord bouclier de moi-même A celle, mon Halda, celle de qui sont nés Les deux nobles enfans que le ciel m'a donnés. Cesse donc , ton époux te l'ordonne et t'en prie, Ue vouloir l'exposer pour moi, femme chérie, A supplier celui qui ne pardonne pas.
Mais, songeant à nos fils, que toi-même invoquas, Songeant que tous les deux, à peine à leur aurore, Pour se passer de toi sont bien jeunes encore , Songeant à leur enfance, oh! suis-moi î vis pour eux. — Tu pleures? —
IIAI.DA.
Oui, je pleure ! et je sais que tous deux Ont en effet besoin, chers anges, de leur mère. Je le sais. Et c'est là, certe, une idée amère! Mais il n'est pas moins vrai qu'avant tout il leur faut Te pouvoir respecter, toi, leur père ; en un mot. Ce qu'on fut comme (ils, comme père on l'expie. Toi, des forfaits du lien, dans celle guerre impie. Tu te prévaux. Halda ne veut point qu'à leur tour Tes fils, de ton passé, se prévalent un jour. Adieu donc. \fes regrets, lu les vois à mes larmes ; Mais...
cnuAM>E, l'inlerrompant.
Chut ! j'entends... (irand Dieu ! je vois luire des armes.
(Il vtiii l'entraîner vers lYglisc.)