ACTE III, SCÈNE IV
CIILOTAIRE.
Tremble, alors, qu'à la (in je ne me lasse.
CnLODOALD.
Et toi.
Crains que Dieu ne se lasse à son tour, mauvais roi.
CIILOTAIKE.
Songe quel est Cliloiaire.
CHLOUOALn.
Et toi, songe où nous sommes.
Ah! c'est toi qui me Tais pitié, lléau des hommes ; Toi qui parles d'oubli quand lu peux oublier Que si, dans nos péchés, voulant nous châtier, Le Seigneur te donna d'épouvanler ce monde. Cependant ce grand Dieu, dans sa bonté profonde. De nous jusqu'à ce point ne se détourna pas. Que, comme contre-poids de tous tes attentats. Il ne nous ait laissé, rempart où tu te brises. L'inexpugnable abri de toutes ses églises. Va donc ailleurs porter tes usurpations ; Déplace tout au gré de tes ambitions.
Marche, nouveau Nemrod, et, comme lui, sur terre. De toutes paris lançant les dogues de la guerre , Foruiidablc chasseur de tout peuple insoumis. Règne en exterminant, puisque Dieu l'a permis, Règne ! Mais lorsqu'uinsi la hache au poing, sans crainte. Marchant avec tes Francs jus(|ues à cette enceinte. Dans ton impie orgueil tu le crois assez grand Pour pouvoir dans ces murs entrer en conquéranl; Roi de la terre, arrête ! ici le ciel commence ! C'est ici le portail de la grande clémence , La place forte ouverie à tous les opprimés, La sainte citadelle où les anges armés, Alteniirs au signal du Seigneur des batailles, S'il le donne, vont tous, du haut de ces murailles, Chlotaire, avec les liens, l'accabler tout-à-coup. Et maintenant j'ai dit ; ose avancer.