ACTE IV, Sr.iiNE II
\'A\ anii, cher Owen. — Allons, mon bouclier. Ma hache. —L'entreprise est hardie et terrible; Mais, pour toi, mon HaUla, tout me sera possible. Enlin, tenions la chose, et nous verrons après.—
(Aux Rretous.) Quant à vous, les bateaux, je suppose, sont prôls; Partons, amis.— Et toi, pardonne. Dieu sévère! Si cette main encor s'arme contre mon père; C'est la dernière fois, Seigneur!., et mesenfans M'invoquent, tu le sais, pour leur mère!
OWKN, qui regardait au loin, s'écrie tout-à-coup.
Les Francs, Seigneurs!
CHilAMNE, se dirigeant >crs les rociiers. Oui! qu'un bon vent, alors, enIJe nos voiles! O mer, pas de tempête! et toi, nuit, pas d'étoiles !
(Il disparaît derrière les rochers avec Owen et ses Bretons.)
SGKNt: II.
CHLOTAIRK, BERTOALD, et autres chefs francs.
CIILOTAIllK, armé.
Halte là! mes vaillans. Nous n'irons pas plu> loin. La mer baigne ces rots ?
UEnTOALU.
Oui, Seigneur.
CHI.0ÏAII\E.
Qu'on ail soin D'échelonner partout nos troupes sur ces côtes. — Ici nous camperons. —
(l)ivcrs chefs sortent pour c\cculer loitlre de C.lilolaire ; à fJeitoald, ltiiindi()uaii< la cahaiie adossée aux rocs.)
238 CHLOTAlKlî I.
Rt liens : à de tels hôtes.
Celte huile, je crois, est peu fiiiio. — Va voir Comment elle est. Je vou\ m'y reposer ce soir. Qui l'occupe?
UERTOALD, revenant de la liuue.
l'ersonne, et la cabane est vide.
Mon prince. — Oh ! devant vous, le Breton est rapide, Et ne déserte pas moins vite ses maisons Que ses drapeaux, Seigneur.
CHLOTAinE.
Tu dis vrai : les Bretons Ont appris s'il est sûr d'armer pour un rebelle. Certe ! et pour vous, mes chefs, cette journée est belle; Mais, bien qu'elle ait prouvé que vous ne mentez pas A votre ancien surnom de rudes aux combats. Pourtant n'oubliez point, fiers de celle victoire, Qu'au roi des cieux surtout en appartient la gloire. Et que, nouveau David, si j'ai tranché d'un coup L'impie espoir d'un autie Absalon, c'csl surtout Grâce à ce Dieu, vengeur de la sainte nature. En avant donc, avec mon bon droit pour armure ! D'autant que ces Bretons sont de mauvais chrétiens, M'a-t-ondit. Us sont tous, je crois... pélagiens. Ce qui déplaît au ciel... donc, au nom de saint Pierre, Qu'il en soit d'eux ainsi que de la Gaide entière. Marchons. Partageons-nous leurs femmes, leurs troupeaux; Emmenons-les captifs sur nos grands chariots. Et pour tout dire, enfin, guerriers, prenons leur terre. (Tous les chefs francs ensemble et levant joyeusement leurs haches.)
C'est bien dit. Prenons-là. Saint Martin et Chlotaire !
Ce qui sera bientôt, mes chefs. — Pour le moment, Le sommeil nous réclame. — Allez tous. — Seulement, Tenez-vous, mes amis, prêts aux moindres alarmes. Autour de vos bivouacs, dormez, mais dans vos armes; Qu'on ne puisse, en un mot, vous surprendre; ei demain , — Tous en marche à l'aurore.
(\oyant ciilicr Arcailius.)
Ar-TE JV, SCÈNE III. -^VJ