ACTE I, SCÈNE X
oLa charité des cœurs. — D'autant qu'en fait d'amours "Oui reçoit donne...
RICHARD
» Ah! ah! et tu donnes?..
LOYS
» Toujours...»
RICHARD
Eh bien ! si tù le veux, Loys, dans cette affaire. Tu peux aussi de moi gagner un bon salaire.
LOYS
C'est mon intention.
RICHARD
Tu peux dans tout ceci Me servir, bon Loys,
Nous y pensons aussi. — Vous connaît-on ?
RICHARD
Fort peu. —Chez certaine parente, Je rencontrai la nièce, et depuis...
LOYS
Mais , sa tante Vous connaît-elle ?
RfHARD.
Assez.
Diable! et l'oncle?
RICHARD
Du tout.
LOYS
Bon. — C'est mieux. — Et la tanli", ctes-vous de son goût? — Probablement.—
RICHARD
Je crois ne lui point trop déplaire, LOYS, rexamiiianl de la tOte aux pieds. Jenno, bien fait, alerte, un nom. — La chose est claire.
Vous lui plaisez. —Alors...
(Il se passe la main sur le front, puis soudainement.) Vous avez de l'esprit, Vous faites bien les vers, que je crois?
mCHARD.
On le (lit.
LOYS
En ce cas, il se peut que l'on vous introduise.
RICHARD
Gomment?
LOYS
Vous la verrez,
Je la...
LOYS
Je vous déguise.
Vous êtes ménestrel. — Vous entrez de par moi. Vous chantez, vous plaisez. — Le reste va de soi.
RICHARD
Mais la tante?..
LOYS
Oh! vraiment— c'est bien ce qui m'occupe. Amour-propre de femme est fort aisément dupe, Et nous la convaincrons que, romanesque amant, Pour elle seule on a pris ce déguisement.
RICHARD, lui sautant au cou avec transport. Ah ! mon digne Loys !
LOYS, cliercliant à se dégager.
Digne, soit; — mais, de grâce, Ne m'étouQez point tant.
RICHARD, le lâchant.
Mon ami, je t'embrasse Gomme mon seul sauveur ! —
(Vidant ses poches.) Tiens, Loys, tiens.
LOYS, empochant.
Merci.
("Dans ce moment neuf heures sonnent.)