‹ Œuvres dramatiques de Camille BernayChapitre 214 sur 391 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

CHLODOALD, HALDA, dads la grotte ; CHLOTAIRE.

CHLOTAIRE , s'arrétant soudain et reculant devant l'ombre d'un arbre.

Encor! — Non, rien. — Allons, demeure ici. Ce qui s'est fait est fait. — Pourquoi trembler ainsi? 11 est brûlé ! — (Avec un grand égarement.)

Brûlé! — Qui dit cela? La flamme Est-elle éteinte? — Non. — Son bûcbcr, c'est mon âme.

(Se frappant la poitrine.) C'est là , c'est là qu'il brûle !

HALDA, bas, à Clilodoahl.

Entendez-vous ?

CnLODOALD.

Que Dieu Prenne pitié de lui !

ClILOTAinE.

Là , toujours. — Et ce feu.

Ne pouvoir l'extirper de ma chair ! — Des tenailles ! Des tenailles ! je veux m'arracher les entrailles, Et crever mes yeux; — oui. — ne plus le voir partout^ Ne plus le voir sans cesse, effroyable et debout. Me fixer, face morte, avec son grand œil terne ! — Car vainement, alors , je prie et me prosterne : Je sens ses doigts glacés sur mon front. Si je fuis. Soudain, derrière moi , j'entends des pas sourds; — puis. Voilà qu'étrangement tout se meut : — des abîmes , Des monts, des bois, du sol, s'élancent tous mes crimes ; Et lui, chasseur terrible, il les pousse après moi. Meute acharnée. — En vain, haletant, fou d'ellroi. Je les veux fuir; plus prompts que les vents et l'orage.

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