ACTE V, SCÈNE V
Ils vont, ils vont.— Je sens leur souille à mon visage! — Horrible! — et, cependant, on enterre les morts. A quoi bon ? — Jusqu'ici, l'on avait cru qu'alors Tout finissait pour eux ; — mais voilà que leur tête Brise le lourd cercueil; que tout sol les rejette! Allons, allons, c'est dit. — A quoi bon des tombeaux ? Plus de sépulcre aux morts ! — que leurs chairs et leurs os, Chaque jour usurpant la nature vivante.
S'entassent , mont hideux , d'où plane l'épouvante !
CHLODOALD.
Une folie horrible !
IIALUA.
Horrible ! Et ce regard ! H me glace. — Voyez, mon père.
CHLODOALD.
Oui , tout hagard.
Sa raison se perd.
IIALDA, voyant Clilotaire Taire un mouvement comme pour parler.
Chut!
CIILOTAIRE.
Depuis que sous ma tente Je le vis... Hein! quel bruit?
(On entend un chant qui s'approche.)
Non, rien... quelqu'un quichantc, Je crois; oui, rien de plus...—
(Passe un jeune Franc sur le chemin des rochers, ciianlant joyeusement.)